A propos de livres… Une BD

« Père Marie-Eugène. Dieu pour ami »

Ed. Mame, novembre 2013

Par T. Dary, J. Grycan, Crislane

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Le Père Marie-Eugène, le fondateur de Notre-Dame de Vie, c’est avant tout une silhouette très caractéristique, un visage que la vie a progressivement forgé, mobile, souriant ou sérieux, rayonnant.

Un visage dont un témoin a dit: « c’est un visage qui convertit, qui relie à Dieu ». Le visage d’un homme qui a vécu avec Dieu pour ami.

Source: NDV

Bulletin-info Novembre 2013

« Il n’y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas naviguer »

Télécharger ici le bulletin_171_3_11_13_moisok

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Au mois de novembre, par des différents motifs concomitants, la question du temps saute aux yeux. La Toussaint et les cimetières nous renvoient au passage des proches et des amis, mais parfois aussi ce temps nous donne des frissons parce qu’avec la mort des proches, la nôtre est aussi évoquée.

Cela, d’autant plus qu’il se peut qu’il y ait dans notre corps ou dans celui des proches des signes de maladie: le cancer de ma sœur, l’accident de mon père, l’hémorragie cérébral d’une gamine connue ou, encore, la menace terroriste… Du coup, la question du temps se pose soudainement de manière menaçante.

En ce mois, la question du temps présent et de sa gestion se pose aussi parfois dans la vie quotidienne. La rentrée après les vacances est finie et on est en plein dans « l’ordinaire du travail » et de ses soucis. La question du sens de ce que nous faisons s’impose à nous: Sert-il à quelque chose de brûler nos neurones dans ce train-train quotidien? La tension entre être cool, rester zen et répondre à toutes les sollicitations qui vont avec la charge familiale, professionnelle ou autre, n’est pas gagnée d’avance. Gestion parfois joyeuse lorsque les succès nous encouragent, mais gestion hautement problématique lorsque les échecs nous taraudent l’esprit.

D’autre part, la liturgie de ce mois est toute traversée par des références apocalyptiques, qui reviennent chaque année, et qui nous affectent davantage dans notre époque, parce que l’on touche de près que la gestion que nous faisons de la planète affecte l’équilibre cosmologique et que l’horizon de la fin menace notre culture. La sensibilité écologique pénètre de plus en plus tout ce qui nous entoure, mais en même temps nous avons l’impression d’aller vers une catastrophe collective par une utilisation non moins consumériste qu’avant de nos ressources… donc en poussant un peu plus la barque vers la catastrophe que l’on craint! Comment gérer le temps et que faut-il prioriser? Un équilibre plus écologique ou une production accélérée comme une fuite en avant sans solutions pour sortir des crises économiques? Cela influence en continuité nos rapports sociaux: « Ma gestion du temps est écologique et celle de l’autre polluante »; « ma mort il faut l’éviter celle de l’autre l’accepter ».

Bien sûr nous n’allons pas résoudre toutes ces concomitances automnales sur la question du temps d’un coup de parole, mais je perçois que l’appel de cette période à envisager le temps du point de vue de Dieu est plus terre à terre que ce que l’on est habitué à concéder. Quand on essaye de résoudre toutes ces questions avec nos paramètres à nous, l’équation devient toujours irrésolue (la fuite en arrière ou en avant, de même que la paralysie sont des traces trop présentes). Mais si nous parvenons à ouvrir le regard de notre temps présent au temps de Dieu nous arriverons à vivre ce présent avec ce qu’il comporte (joies et espérances, deuils et angoisses) dans la double dimension de citoyens de notre histoire et de citoyens de Dieu, devenant tout une source de consolation à l’intérieur des événements du présent.

Juliane Picard qui a vécu l’enfer d’Auschwitz est venue témoigner encore cette semaine à la mission étudiante. Son récit est toujours poignant. Plus forte encore est l’impression avec laquelle nous restons quand nous l’entendons parler sur la façon dont elle a vécu sa relation aux autres, dans l’amitié partagée, ainsi que sa manière de vivre la relation avec Dieu. Relation qui lui a permis d’apprivoiser le temps. Cela donne à son regard et à ses paroles incarnées une puissance inouïe. Paroles qui nous introduisent dans une sérénité et une jeunesse d’esprit enviables.

Il n’y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas naviguer. Celui qui vit le présent dans le présent de Dieu trouve toujours dans les vents de la vie, parfois orageux, un changement de cap qui fait du présent non menacé l’avant garde du ciel,

Bon automne à tous!!

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P.  Paco Esplugues

Louis et Zélie Martin

« La joie du don dans la vie ordinaire »

Nous ne pouvons que remercier Dieu pour le don qui a été pour notre paroisse la venue des reliques des époux Louis et Zélie Martin. Ils sont été nombreux à avoir été touchés par leur témoignage, témoignage d’une vie de couple et de famille. Ils nous ont montré que tous les états de vie sont appelés à la sainteté et nous ont aidés à approfondir la dimension ecclésiale à laquelle invite le sacrement du mariage: être couple dans l’Eglise. Merci aussi à tous ceux qui ont fait possible ces jours de prière et partage: le père Paco, le père Lelièvre, les adorateurs… et merci particulièrement à Monseigneur Gaucher pour son enseignement plein de foi.

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Eglise St Agricol

Reliques de Louis et Zélie Martin 

Les 4 et 5 octobre 2013

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Nous avons la joie d’accueillir les reliques des parents de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus dans le diocèse d’Avignon.

Voici le programme pour ces deux jours dans notre paroisse :

Vendredi 4 octobre

Adoration du Saint Sacrement
 
  • 14h : Accueil des reliques et liturgie d’accueil
  • 17h30 : Diaporama sur la famille Martin
  • 18h30 : Messe onction des malades
  • 21h : Veillée de musique et des textes sur Thérèse et sa famille
  • Veillée de prière et adoration toute la nuit

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Samedi 5 octobre

Adoration du Saint Sacrement
 
  • 11h30 : chapelet pour les familles en souffrance ou déchirement
  • 15h30 : concert d’Orgue avec pièces de Messiaen et textes de Térèse de l’Enfant Jésus

« Zélie et Louis Martin, un foyer d’Amour »

Colloque et dédicaces des livres

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  • 18h30 : messe solennelle des bienheureux
  • 20h : liturgie de congés

Plus de renseignements: tel – 06 23 27  62 81 (P. Paco Esplugues)

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Monseigneur Cattenoz a adressé une lettre aux fidèles qui viendront prier à cette occasion (lettre-Mgr. Cattenoz).

A propos de livres…

« Au nom d’une passion, l’évangélisation dans le cœur des saints »

Thérèse Nadeau-Lacour (dir.)

Ed. Artège 2013

Nadeau-Lacour

Le lecteur amoureux des saints et passionné par l’évangélisation y trouvera son compte ! Paul de Tarse bien entendu y occupe une place de prédilection, mais les pages concernant Thérèse d’Avila, les Martyrs Canadiens, John Henri Newman ou encore Charles de Foucauld, Giorgio Frassati et Mère Térésa, sans oublier François-Xavier et la petite Thérèse, et d’autres encore, le captiveront. Autant de vies données au service de l’annonce de l’Evangile. Autant de « miracles plus grands que la résurrection des morts » (p. 147). Autant de témoignages magnifiques mais différents nous exhortant à poursuivre aujourd’hui.

Ainsi découvrons-nous une Sainte Thérèse d’Avila nous encourageant à sortir d’une certaine quiétude spirituelle, une solitude qui risque de nous donner de fausses idées sur notre sainteté personnelle ; un Saint François-Xavier à la joie communicative et enfin les Saints martyrs canadiens, tous morts au combat, stigmatiser les méfaits de l’activisme religieux, l’orgueil apostolique, la recherche de soi et de l’estime d’autrui dans les œuvres.

Bref, là encore nous pourrons vérifier que mission rime avec sainteté et évangélisation avec oraison. Car, nous le savons, le but ultime de la vie chrétienne n’est pas notre propre perfection, mais bien le salut de tous, et l’union avec le Christ conduit forcément au « zèle pour les âmes » (p.145).

Commentaire par Béatrice Libori

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« La vie ordinaire, chemin vers Dieu avec le père Marie-Eugène »

Pierre Coulange

Editions Parole et Silence 2012

Pierre Coulange

Le père Coulange, dans un dialogue informé et exigeant avec les courants contemporains de l’éthique de diverses religions ou systèmes philosophiques, propose et favorise une rencontre avec l’auteur de Je veux voir Dieu, guide compétent de la vie ordinaire.

Au XXe siècle, Henri Grialou (1894-1967), plus connu sous le nom de Vénérable Marie-Eugène de l’Enfant- Jésus, se préoccupe de dévoiler à tous les chercheurs de Dieu les richesses du baptême dans le Christ. Toutes les questions, toutes les situations l’intéressent. Il élabore progressivement une vision du cheminement vers Dieu, cohérente et libératrice. Tout ce qui nous touche est important. Nous n’avons qu’une vie, la vie ordinaire.

La présence de Dieu en chacun nous rend tous capables de vivre cette vie comme une rencontre, une transformation, un témoignage que Dieu est proche de l’homme et l’appelle au bonheur. Le père Pierre Coulange, dans un dialogue informé et exigeant avec les courants contemporains de l’éthique de diverses religions ou systèmes philosophiques, propose et favorise une rencontre avec l’auteur de je veux voir Dieu, guide compétent pour la vie ordinaire.

Dimanche 26 mai 2013 – Solennité de la Sainte-Trinité

Elisabeth de la Trinité :

Un chemin trinitaire rendu à la portée de tous  

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Cette semaine nous avons eu la chance de pouvoir partager quelques jours avec les sœurs carmélites du Carmel d’Albacete sur Elisabeth de la Trinité. La merveille de son parcours nous a toujours séduits, mais ces jours-ci nous nous sommes plus que jamais rendus conscients, de la pertinence de son chemin pour tout type de personnes dans quelques situations où elles se trouvent.

Etant Élisabeth professe, elle découvre un guide lumineux : Saint Paul. Élisabeth se laisse transformer par la suite par la lumière de la Parole de Dieu reçue à travers ce grand apôtre. Elle la médite dans son cœur. Et à l’issue d’une retraite communautaire, le 21 novembre 1904, elle s’offre à la Trinité dans une prière qui, découverte après sa mort fera le tour du monde.

Ardente, enthousiaste, Élisabeth ne peut pas garder pour elle-même la Vie qu’elle reçoit. A travers les parloirs, à travers sa correspondance, elle dévoile à sa famille et à ses amis ce bonheur qu’elle découvre. Car, elle en est sûre : Il est aussi pour eux. Dans un langage riche d’une délicate tendresse, elle initie chacun, au cœur de ses propres préoccupations, à l’intimité qu’elle goûte en Dieu. Elle écrit à Françoise de Sourdon :

« Oh, ma chérie, que l’on est heureux quand on vit dans l’intimité avec le bon Dieu, quand on fait de sa vie un cœur à cœur, un échange d’amour, quand on sait trouver le Maître au fond de son âme. Alors on n’est plus jamais seule et on a besoin de solitude afin de jouir de la présence de cet Hôte adoré. Vois-tu, ma Framboise, il faut Lui donner sa place dans ta vie, dans ton cœur qu’Il a fait si aimant, si passionné. Oh! si tu savais comme Il est bon, comme Il est tout Amour ! Je Lui demande de se révéler à ton âme, d’être l’Ami que tu saches toujours trouver, alors tout s’illumine et c’est si bon de vivre! Ce n’est pas un sermon que je veux te faire, c’est le trop-plein de mon âme qui déborde en la tienne pour qu’ensemble nous allions nous perdre en Celui qui nous aime, comme dit saint Paul, « d’un trop grand amour » ! »

« Si tu savais comme je pense à toi, comme je prie pour toi, car c’est tout un pour une carmélite… Vois-tu, je suis heureuse, je demande au bon Dieu de te faire goûter aussi les douceurs de son Amour et de sa présence: c’est cela qui transforme, qui illumine la vie, c’est le secret du bonheur!… Ma Françoise aimée, pense que si le bon Dieu nous a séparées, Lui veut être l’Ami que tu peux trouver toujours. Il se tient à la porte de ton cœur… Il attend… Ouvre-Lui » 

Ce bonheur la rapproche de tous ceux qu’elle continue à porter dans son cœur. Elle insiste sur la proximité qui naît de la communion en Dieu. A sa mère dont elle sait combien son entrée au Camel fut une souffrance, elle écrit :

« … ce soir j’éprouve le besoin de te dire « merci », car sans ton « fiat » tu sais bien que je ne t’aurais jamais quittée, et Lui voulait que je te sacrifie pour son Amour. Le Carmel, c’est comme le Ciel, il faut se séparer de tout pour posséder Celui qui est Tout. Il me semble que je t’aime comme on aime au Ciel, qu’il ne peut plus y avoir de séparation entre ma petite maman et moi, puisque Celui que je possède en moi demeure en elle, nous sommes ainsi tout près!… »

Elle écrit aussi à une amie :

« … voyez-vous, depuis que je suis au Carmel …, il me semble que je me suis encore rapprochée de vous, que je vous aime plus profondément : c’est que Celui qui m’a prise toute à Lui est tout Amour, et j’essaie de m’identifier à tous ses mouvements ; c’est avec son Cœur que je vous aime, avec son âme que je prie pour vous.
… Pensez que vous êtes en Lui, qu’Il se fait votre demeure ici-bas; et puis qu’Il est en vous, que vous le possédez au plus intime de vous-même, qu’à toute heure du jour et de la nuit, dans toutes joies ou épreuves vous pouvez le trouver là, tout près, tout au-dedans. C’est le secret du bonheur, c’est le secret des saints, ils savaient si bien qu’ils étaient le « temple de Dieu » et qu’en s’unissant à ce Dieu l’on devient « un même esprit avec Lui », comme dit saint Paul ; aussi ils allaient à tout sous son rayonnement. »

Et à sa sœur :

« A Dieu, petite sœur, demeurons au centre de notre âme, là où Il habite ; alors à travers toutes choses ce sera le cœur à cœur. Oh ! si tu savais comme Il t’aime et comme, en passant par toi, Il veut se faire aimer des petits anges ! »

« Je viens de lire dans saint Paul des choses splendides sur le mystère de l’adoption divine. Naturellement, j’ai pensé à toi ce serait bien extraordinaire qu’il en fût autrement : toi qui es mère et qui sais quelles profondeurs d’amour le bon Dieu a mises en ton cœur pour tes enfants, tu peux saisir la grandeur de ce mystère: enfants de Dieu, ma Guite, est-ce que cela ne te fait pas tressaillir ? 

Ecoute parler mon cher saint Paul : « Dieu nous a élus en Lui, avant la création. Il nous a prédestinés à l’adoption des enfants pour faire éclater la gloire de sa grâce », c’est-à-dire qu’en sa toute-puissance Il semble ne pouvoir rien faire de plus grand. Et puis écoute encore : « Si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers. » Et quel est cet héritage ? « Dieu nous a rendus dignes d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière. » Et puis, comme pour nous dire que cela n’est pas un avenir lointain, l’Apôtre ajoute : « Vous n’êtes donc plus des hôtes ou des étrangers mais vous êtes de la Cité des saints et de la Maison de Dieu »… Et encore : « Notre vie est dans les Cieux »… Oh ! ma Guite, ce Ciel, cette maison de notre Père, il est au « centre de notre âme » ! Comme tu le verras dans saint Jean de la Croix, lorsque nous sommes en notre centre le plus profond nous sommes en Dieu. N’est-ce pas que c’est simple, que c’est consolant ? A travers tout, parmi les sollicitudes maternelles, tandis que tu es toute aux petits anges, tu peux te retirer en cette solitude pour te livrer à l’Esprit Saint afin qu’Il te transforme en Dieu, qu’Il imprime en ton âme l’Image de la Beauté divine, afin que le Père en se penchant sur toi ne voie plus que son Christ, et qu’Il puisse dire: « Celle-ci est ma fille bien-aimée, en qui j’ai mis toutes mes complaisances. »  Oh, petite sœur, au Ciel je me réjouirai en voyant paraître mon Christ si beau en ton âme; je ne serai pas jalouse mais, avec une fierté de mère, je Lui dirai : C’est moi, pauvre misérable qui ai enfanté cette âme à votre vie. »

Ces lignes sont un petit bijou pour nous introduire dans « l’oxygène de la vie trinitaire », dans ces temps mouvementés que nous vivons où le climat de communion est menacé un peu partout: des agressions contre la nature de l’amour humain selon le dessein de Dieu, des tensions sociales dans les quartiers sensibles, des fantômes de la division interreligieuse, des violences qui parcourent les sociétés, etc., Toutes ces situations font grandir la soif de trouver la vraie source où puiser des relations mûres dont le fondement est la vie trinitaire.

Bonne dimanche et bonne préparation de la fête Dieu!

                                                                                                                                          paco

Père Paco Esplugues, curé