Programme 2016-2017

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Bulletin-info Avril 2014

« Hommage à deux Papes et à un Concile (I) »

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Cet article est le premier d’une série. En Avril, nous aurons la joie de vivre deux grandes canonisations par le Pape François : celle de Jean Paul II et de Jean XXIII. Cet événement ecclésial est une clé pour mieux comprendre l’esprit de l’action du Pape François qui a choisi de les canoniser ensemble.

Nous voudrions ici leur rendre hommage en pénétrant les questions transversales que ces deux papes ont vécu autour du Concile Vatican II. L’un en le convoquant, l’autre en l’habitant profondément afin de rendre l’Eglise pleinement consciente de son rôle dans et face à notre monde. Jean Paul II et Jean XXIII étaient habités par la question : « Comment les énergies de l’Evangile peuvent arroser les veines asséchées de notre monde ? » (Jean XXIII, dans Gaudet Mater Ecclesiae). Et tous deux nous mènent aujourd’hui, en fêtant la proclamation de leur sainteté, à nous laisser travailler par la même préoccupation. C’est justement en ne l’évitant pas mais en se laissant habiter par elle que nous pourrons découvrir réellement comment les énergies de l’Evangile arrosent abondamment nos vies. Car le cœur de la question est en fait : comment permettre à l’Esprit de Dieu de nous habiter plus profondément ?

Aujourd’hui, 50 ans après le Concile, nous avons peut être encore plus besoin qu’alors de revivre ce dynamisme. Peut être pas dans un aggiornamento superficiel, mais en se plaçant dans les axes existentiels que les deux papes ont fait leur. C’était aussi la question de Benoit XVI pendant son ministère pontifical et celui du Pape François tel qu’il l’a soulevé dans Evangelii Gaudium: « Laissons-nous arroser profondément par la joie de l’Evangile aujourd’hui ». Lorsque Karol Wojtyla a voulu appliquer le Concile en son diocèse de Cracovie, il a mis en point de mire la phrase que Paul VI avait lancée au discours d’ouverture de la 2ème session : « Église que dis-tu de toi-même ? » Cette question est posée par le monde à l’Eglise, de même que les disciples des pharisiens l’avaient posée à Jean Baptiste au commencement de sa mission. Le monde nous pose la question : qui sommes nous, nous les membres de l’Eglise ? Ou peut-être qu’elle ne nous est malheureusement pas assez posée. Mais il nous convient de nous questionner nous-mêmes, puisque c’est en se laissant interroger que la nouveauté de l’Evangile a la possibilité de nous inonder, et par là apparaître dans sa fraîcheur aux hommes d’aujourd’hui. Nous pouvons faire ce que Wojtyla invitait à faire aux chrétiens de son diocèse : se tourner personnellement vers le Christ, pour comprendre ce qu’Il dit de nous, en tant que communauté et en tant que personne.

Le Pape François nous invite aussi à opter pour cette attitude avec un de ses slogans les plus répétés : »Laissons se manifester l’imprévu de Dieu ». Ce renouvellement qui permet à la lumière du Christ de resplendir dans nos cœurs, est l’axe transversal de tout le Concile. Jean XXIII en avait vu toute l’importance au milieu de la guerre froide et de la crise des missiles. Jean-Paul II, tout au long de son ministère traversé par les épreuves, même lors de l’attentat, se laissait lui-même modeler par la question : que dis-tu de moi Seigneur ? Grâce à cette prière, il a brisé les logiques de mort que jour après jour menacent notre monde. Par ailleurs, le Concile suggérait que l’Eglise se tourne vers le Christ pour lui laisser dire ce que Lui voyait en elle. Il commence, dans tous ses documents, par placer l’Eglise comme sujet, et invite chaque chrétien à se placer dans le même dynamisme. Ne plus se regarder avec ses propres yeux, mais oser se placer sous le regard personnel de Dieu sur nous. L’axe de la christologie de Vatican II et la base de tout son renouvellement, était une phrase de Jésus, centre de toute sa spiritualité : « Père que dis-tu de moi ? ». Autrement dit : « Personne connaît qui est le Fils si ce n’est le Père ! » Mt 11,27. Jésus a dit cela alors qu’Il exultait de joie dans l’Esprit, et cette phrase a dévoilé l’attitude de fond de son action parmi les hommes. La perspective est alors d’apporter le vrai repos du cœur au monde. Ne pas se replier devant les problèmes du monde mais ouvrir les yeux à la merveille qui se cache sous les difficultés, permet de découvrir l’Amour même de Dieu agissant pleinement dans les cœurs.

Notons en effet, un petit corollaire très inconnu et qui est au centre du Concile : plus nous faisons nôtres les joies et angoisses des hommes, plus nous nous tournons vers le Christ pour découvrir ce qu’il voit, et plus nous nous émerveillons de la richesse inépuisable de Sa présence de pèlerin à nos côtés et qui amène plus loin dans la vraie paix ! Ce corollaire est le centre de toute la dynamique du Concile ! Et il est aujourd’hui plus profitable que jamais ! Le Concile exprime cela en plusieurs endroits mais plus spécialement, il le cristallise en Gaudium et Spes 22. Jean Paul II en a fait le centre de son ministère dans l’encyclique Redemptor Hominis : « En réalité, le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné. Adam, en effet, le premier homme, était la figure de celui qui devait venir, le Christ Seigneur. Nouvel Adam, le Christ, dans la révélation même du mystère du Père et de son amour, manifeste pleinement l’homme à lui-même et lui découvre la sublimité de sa vocation ».

Pour conclure, nous pouvons affirmer que l’identité n’est jamais une étiquette. Elle est une relation interpersonnelle et responsable car l’homme se manifeste dans son acte. Le Christ nous invite à en découvrir la pleine portée. Au fur et à mesure que nous nous plaçons dans le même horizon que lui, que nous cherchons à révéler aux hommes le mystère du Père et de son amour, nous goûtons notre propre identité. En cela résidait le génie de la spiritualité de Jean-Paul II. Il a eu les funérailles les plus grandes de l’histoire ; des milliers d’hommes même des ennemis en guerre sont venus l’honorer parce que dans l’échange avec lui, au cours de sa vie, ils se sont sentis traités avec un respect qui les aidait à découvrir leur véritable identité et dignité.

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P. Paco ESPLUGUES FERRERO

Bulletin-info Mars 2014

« Instructions pour mieux échouer »

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Même si les idéologues du marché et de l’auto-réalisation personnelle n’ont pas arrêté de « vendre le produit du succès » dans nos sociétés, la présence insistante de l’échec dans tous les domaines de la vie a fini par s’inscrire dans la mentalité de l’homme d’aujourd’hui. La grave crise économique qui affecte notre monde depuis quelques années laisse en porte à faux les slogans de la « culture du succès » et oblige à vivre dans une atmosphère intellectuelle chargée de nihilisme postmoderne.

En effet, rime dans les textes actuels, avant de se convertir en constatation généralisée, l’échec avec l’orgueil prométhéen d’un humanisme engagé qui remplace Dieu par l’Homme comme si tout était pareil. Si on regarde attentivement l’étymologie du mot « échouer », il renvoi à l’idée de naufrage. Cela ne renvoie pas seulement à un simple manque, mais à quelque chose lié à « la frustration ». Cela explique alors que la présence croissante de l’échec dans l’horizon de notre monde entraîne de plus en plus la possibilité de vivre une vie sans aucun sens. Mais en réalité cette vision de l’échec est trompeuse.

Pour mieux vivre notre vie, on gagnerait beaucoup en ce temps de Carême, à se rendre compte que cette vision est erronée. Combien de souffrances ont à la racine un climat culturel faux, fondé sur « la culture du succès ». C’est pour cela que nous proposons en ce temps qui commence, avec l’esprit des béatitudes, de « réussir nos échecs ». Déjà dans la construction de la personne, il n’existe pas de « livret d’instructions » qui permette, une fois bien étudié, de ne jamais se tromper. C’est justement avec nos succès et nos échecs que nous apprenons à vivre notre vie. Pourquoi ? Parce qu’ils nous permettent de valoriser nos talents et nos atouts avec réalisme et du coup nous devenons capables de construire notre personne et nos relations, et de canaliser nos élans d’une façon adéquate.

Toutefois il y a encore beaucoup plus que cela. Dieu se révèle aussi à l’intérieur de ses dynamismes, comme pour dire à l’homme, que la connaissance qu’il a de Lui, est en relation avec la connaissance de soi et aux chemins relationnels qui s’ouvrent. « Désert » en Carême, n’est pas synonyme d’une difficulté rajoutée, mais de ce qui constitue le chemin normal de toute vie. Entrer dans les 40 ans de l’Exode c’est apprendre à « se repérer » en relation avec Dieu dans nos déserts, nos solitudes et nos obscurités quotidiennes. Tout cela est nécessaire à rappeler en ce temps de crise puisque en général les idéologies du succès ont tendance à nous faire oublier ces données élémentaires de « l’art de vivre ».

Mais dans ce Carême nous voulons insister encore plus profondément sur les « instructions pour mieux échouer ». Puisque en effet, plus les échecs sont grands, plus la porte de l’essentiel peut s’ouvrir. Tout cela étant donné que le vrai « art de vivre » est de s’éveiller à l’essentiel pour mieux s’y installer. Ici nous sommes aux antipodes d’un culte de l’échec et d’un pessimisme pour le pessimisme (cela existe aussi, malheureusement, dans notre culture et dans notre Église). Les « instructions pour mieux échouer » c’est autre chose : il s’agit de découvrir le « mieux » qui se réalise dans le fait d’être dépourvu de nos propres armes pour laisser une place totale à Celui, qui est toujours en train de venir vers nous, mais qui se manifeste de manière plus proche et agissante précisément dans nos « fournaises ».

La vraie vie, se cache derrière les échecs les plus « cuisants ». Et ceux qui réussissent, ce sont ceux qui ayant les yeux fixés sur le Christ « pontife » de la foi que nous professons, découvrent que tout ce qui était un gain devient ordure. En fait, la connaissance du Christ reste très superficielle, lorsqu’on fuit la mort ou les échecs. La sagesse habituelle qui dérive de cette vision, toute centrée sur le succès de soi (même si c’est nécessaire de la vivre) ne donne pas suffisamment d’élans pour reconnaître et vivre les merveilles de l’Amour auquel nous sommes destinés.

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P. Paco Esplugues

Bulletin-info Février 2014

« A l’occasion de la fête de la vie consacrée »

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La crèche blanche a une grande profondeur théologique, comme cela arrive souvent dans les manifestations de la religion populaire. La crèche aboutit tout naturellement à la fête de la « chandeleur », c’est-à-dire à la présentation de Jésus par Marie et Joseph au Temple de Jérusalem. A cette occasion, les santons de Noël s’habillent de blanc comme revêtus par une couche de flocons de neige. De façon très similaire il y a une discontinuité dans la continuité entre le baptême et la vie consacrée dans l’Eglise [1]. Tout est semence à Noël, de même que tout est semence au baptême. Il y a un changement d’habits des santons, comme si la neige de la grotte avait pénétré leurs entrailles jusqu’à les transformer de l’intérieur; il en est ainsi dans la vie consacrée [2].

La présentation de Jésus par Marie et Joseph au Temple est précisément un point d’aboutissement de l’Incarnation du Fils de Dieu. Une fois « enfoui » dans notre chair, quelque chose du ciel commence à transformer la terre. Cette offrande de la vie du premier-né selon la loi de Moïse est un événement de consécration lourd de conséquences. L’Amour de Dieu s’est fait chair pour libérer les cœurs afin d’inaugurer la plénitude du ciel sur la terre [3], ou bien, comme le dit la préface de consécration de la messe, pour « hâter la venue du Royaume ».

La vie consacrée est un état de vie tout fondé sur le baptême et dont l’existence est un signe manifeste de ce que le Seigneur nous a accordé par la grâce baptismale. La manifestation la plus évidente, celle qui marque la différence, c’est l’appel concret à suivre le Christ, comme l’Époux, par la profession des vœux de pauvreté, chasteté et obéissance. Cependant, prononcer des vœux ne fait pas la sainteté et la sainteté de l’Amour n’est pas plus faible pour les baptisés qui n’en prononcent pas.

Les uns comme les autres sont appelés à une maturité de l’amour et une évangélisation de l’affectivité : le baptême, la confirmation et l’eucharistie regardent vers la consécration du cœur, ainsi que la Parole de Dieu depuis l’Exode ; l’Église est le peuple sacerdotal consacré au Seigneur… Libres pour aimer jusqu’à « tout donner et se donner soi-même » ! Les conseils évangéliques sont, au premier degré, des règles de saine psychologie, c’est-à-dire d’un cœur qui dépasse la peur pour entrer dans l’amour qui bannit toute crainte (1Jn, 4, 14), autrement dit rajeunissement de toute sclérose du cœur des hommes.

Le baptême et la profession des vœux ne sont qu’une « belle » apparence si la transfiguration du cœur n’est pas présente ! Mais si elle se fait, grâce à l’amour jusqu’à la croix du Christ, alors la pauvreté devient joyeuse, la chasteté amour généreux, l’obéissance vraie liberté de soi pour pouvoir être concerné par la guérison des maux de la terre! [4]

La vérification de l’acte du temple de Jérusalem: la consécration de l’enfant et la promesse sur Marie prononcée par Siméon, culmine au pied de la croix. Le « Bien-aimé » s’offre librement pour nous. Marie s’associe à cette consécration, les deux cœurs traversent toutes les nuits et nous offrent le mystère de la jeunesse totale du cœur. Un cœur-pain, un vin nouveau pour enivrer notre terre non des lamentations sur « le célibat imposé » aux uns, ou « la pauvreté imposée » aux autres, mais d’un Amour transfiguré capable de désaltérer la terre.

Les couleurs de ces cœurs sont très diverses: communautés anciennes (avec tant de signes de cœurs jeunes), communautés nouvelles (avec des vieillesses à transformer), baptisés, hommes et femmes qui osent continuer à aimer dans les épreuves. Toutes ces couleurs se rencontrent au pied de la croix. Ainsi l’image de Marie, toute jeune, de la « Pietà » de Michelangelo est le signe de l’amour de l’évangile. « Amour-torrent, amour-rivière, pour, encore aujourd’hui, inonder la terre ; crèche blanche, comme une eucharistie sincère ».

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P. Paco Esplugues

 
[1] Cf. Concile Vatican II, Const. dogm. Lumen gentium, n. 44.[2] Cf. Jean-Paul II, Exhort. apost. Vita consacrata, n. 23.
[3] Cf. Concile Vatican II, Décret Perfectae caritatis, n. 1.
[4] Cf. Préface de la messe de la Profession religieuse
 

Bulletin-info Dimanche 19 janvier

« Le Christ est-il divisé ? »

Mercredi 22 janvier 19h30

Table ronde interreligieuse à la Maison diocésaine d’Avignon

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Nous sommes au début de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens dont le titre cette année s’inspire de la 1 Lettre aux Corinthiens. En Avignon comme nous en avons fait part dans la feuille info du mois différents moments forts sont proposé à cette occasion. En ce qui concerne notre paroisse, mardi matin aura lieu l’apéro œcuménique, chez nos frères franciscains. L’apéro consiste en un partage fraternel autour de la parole et arrosé par le vin de l’amitié. C’est dans le quotidien que nous sommes invités à se connaitre dans nos différences et nos richesses à partager. Vous êtes tous invités.

« CE QUI NOUS UNIT EST-IL PLUS FORT QUE CE QUI NOUS SÉPARE ? »

La phrase appartient à Jean Paul II lors de la rencontre mondiale de prière pour la paix où ont lui-même à convoqués à Assise en 1986 les représentants des différentes religions. Elle est le titre de la « Table Ronde interreligieuse » qui se déroulera à la Maison diocésaine cette semaine (mercredi 22), organisée par notre paroisse à l’initiative du groupe des jeunes ICTUS. Elle a pour vocation d’aider à mieux se connaître dans la différence, dans un climat où c’est facilement la peur qui l’emporte. Les difficultés qui existent, nous ne voulons pas les gommer. Une connaissance plus grande de l’autre c’est ce qui nous permettra de créer des conditions de vie sociale plus adéquates.

Tous les jeunes et les moins jeunes qui seraient intéressés sont invités à participer à ce moment d’échange. Vous trouverez plus d’information sur le site de la Paroisse Saint Agricol: http://www.saintagricol.paroisse84.fr

Bonne semaine à tous!

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P. Paco Esplugues

Janvier 2014

« La date de notre baptême »

Par le P. Paco Esplugues

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Le Pape François insiste fréquemment depuis qu’il a commencé son pontificat à ce que les baptisés connaissent la date de leur baptême. En ce dimanche du baptême du Seigneur il peut alors être très significatif que chacun de nous prenne au sérieux cette invitation pressante. Pour nous-mêmes, pour nos familles ou amis. 

Cela demande une démarche concrète d’aller la demander à nos parents (qui auront facilement oublié) ou la plus part des cas à la paroisse où nous avons été baptisés. Le but de cette invitation du saint Père est sans doute (pas seulement de le fêter, même si cela est beau) mais que, ce faisant, nous entrions dans une démarche beaucoup plus profonde d’apprivoiser le trésor que nous avons reçu.

 En fait, nous contemplons en ce dimanche le baptême de Jésus pour mieux pénétrer la merveille que Dieu a réalisé en s’impliquant pour nous et pour mieux saisir la vraie valeur de notre vie à ses yeux. Faire la démarche de se rappeler de la date de notre baptême et de la fêter chaque année, est sans doute très pédagogique pour nous réjouir avec Dieu et pour commencer à développer les grandes grâces qu’il contient ! Dans l’Eglise la primatie revient au baptême. Toute réforme et approfondissement de l’Eglise, tout renouvellement pour une annonce féconde de l’évangile passe par le libre accueil du baptême reçu, et par l’heureuse entreprise de le déployer dans notre histoire !

 Le pape a repris le thème en sa 1ère catéchèse de l’année : voici quelques extraits :

Pourquoi le baptême n’est pas une formalité : 

« Le baptême n’est pas une formalité, un acte formel de l’Eglise qui sert à donner un nom à un enfant ! C’est un acte qui touche en profondeur notre existence. Un enfant baptisé ou un enfant non baptisé, ce n’est pas pareil. Une personne baptisée ou une personne non baptisée, ce n’est pas pareil. Avec le baptême, nous sommes immergés dans cette source inépuisable de vie qu’est la mort de Jésus, le plus grand acte d’amour de toute l’histoire. Et grâce à cet amour, nous pouvons vivre une vie nouvelle, non plus livrée à la merci du mal, du péché et de la mort, mais dans la communion de Dieu et avec les frères. Ce qu’écrit l’apôtre Paul à ce sujet est éclairant : « Nous tous, qui avons été baptisés dans le Christ, nous avons été baptisés dans sa mort. Par le baptême, nous avons été enterrés avec Lui dans la mort, afin que, de même qu’il est ressuscité des morts par la gloire de son Père, nous aussi, nous puissions marcher dans une vie nouvelle ».

Pourquoi il est important de connaître la date de son baptême :

« Il est important de connaître le jour où nous avons été proprement immergés dans ce courant de salut de jésus [qu’est le baptême]. Cherchez, demandez la date de votre baptême ! La connaître est connaître une date heureuse ! Le risque de ne pas le savoir, c’est de perdre la mémoire de ce que le Seigneur a fait en nous, du don que nous avons reçu. Nous finissions alors par le considérer seulement comme un évènement survenu dans le passé – et encore, pas par notre volonté mais par celle de nos parents – et qui n’a plus aucune incidence sur le présent. »

Ce que la force du baptême rend possible :

« Nous devons réveiller la mémoire de notre baptême. Nous sommes appelés à vivre notre baptême chaque jour, comme réalité actuelle de notre existence. Si nous réussissons à suivre Jésus et à rester dans l’Eglise, malgré nos limites, nos fragilités et nos péchés, c’est vraiment grâce au sacrement par lequel nous sommes devenus des créatures nouvelles et avons été revêtus du Christ. C’est par le baptême, en effet, que libérés du péché originel, nous sommes greffés sur la relation de Jésus avec son Père (…) Grâce au baptême, nous sommes capables de pardonner et d’aimer ceux qui nous offensent et nous font du mal ; de reconnaître dans les derniers et les pauvres le visage du Seigneur qui nous visite et se fait proche (…) et dans le visage des nécessiteux, des souffrants et de notre prochain, le visage de Jésus. Tout cela est possible grâce à la force du baptême ! »

Une chaîne de grâce, un acte fraternel :

« Personne ne peut se baptiser lui-même ! Personne ! Nous avons toujours besoin de quelqu’un qui nous confère ce sacrement au nom du Seigneur. Parce que le baptême est un don qui devient plus grand dans un contexte de sollicitude et de partage fraternel. Le baptême est une chaîne, une chaîne de grâce, où l’un baptise l’autre, puis l’autre un autre et ainsi de suite… C’est est un acte fraternel, un acte de filiation dans l’Eglise. Dans la célébration du baptême, nous pouvons reconnaître les traits les plus authentiques de l’Eglise, qui, comme une Mère, continue à engendrer de nouveaux enfants dans le Christ, dans la fécondité de l’Esprit Saint ».

* * *

Est-il possible que dans notre paroisse cette démarche implique tout le monde ? Il est certain que cette initiative peut nous aider à avancer dans le renouvellement de la grâce reçue et que l’Evangile rejoigne alors davantage de frères et de sœurs.

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P. Paco Esplugues