Bulletin-info Novembre 2013

« Il n’y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas naviguer »

Télécharger ici le bulletin_171_3_11_13_moisok

be3fa9d54e2dff81b9e1f95bde09a372_large

Au mois de novembre, par des différents motifs concomitants, la question du temps saute aux yeux. La Toussaint et les cimetières nous renvoient au passage des proches et des amis, mais parfois aussi ce temps nous donne des frissons parce qu’avec la mort des proches, la nôtre est aussi évoquée.

Cela, d’autant plus qu’il se peut qu’il y ait dans notre corps ou dans celui des proches des signes de maladie: le cancer de ma sœur, l’accident de mon père, l’hémorragie cérébral d’une gamine connue ou, encore, la menace terroriste… Du coup, la question du temps se pose soudainement de manière menaçante.

En ce mois, la question du temps présent et de sa gestion se pose aussi parfois dans la vie quotidienne. La rentrée après les vacances est finie et on est en plein dans « l’ordinaire du travail » et de ses soucis. La question du sens de ce que nous faisons s’impose à nous: Sert-il à quelque chose de brûler nos neurones dans ce train-train quotidien? La tension entre être cool, rester zen et répondre à toutes les sollicitations qui vont avec la charge familiale, professionnelle ou autre, n’est pas gagnée d’avance. Gestion parfois joyeuse lorsque les succès nous encouragent, mais gestion hautement problématique lorsque les échecs nous taraudent l’esprit.

D’autre part, la liturgie de ce mois est toute traversée par des références apocalyptiques, qui reviennent chaque année, et qui nous affectent davantage dans notre époque, parce que l’on touche de près que la gestion que nous faisons de la planète affecte l’équilibre cosmologique et que l’horizon de la fin menace notre culture. La sensibilité écologique pénètre de plus en plus tout ce qui nous entoure, mais en même temps nous avons l’impression d’aller vers une catastrophe collective par une utilisation non moins consumériste qu’avant de nos ressources… donc en poussant un peu plus la barque vers la catastrophe que l’on craint! Comment gérer le temps et que faut-il prioriser? Un équilibre plus écologique ou une production accélérée comme une fuite en avant sans solutions pour sortir des crises économiques? Cela influence en continuité nos rapports sociaux: « Ma gestion du temps est écologique et celle de l’autre polluante »; « ma mort il faut l’éviter celle de l’autre l’accepter ».

Bien sûr nous n’allons pas résoudre toutes ces concomitances automnales sur la question du temps d’un coup de parole, mais je perçois que l’appel de cette période à envisager le temps du point de vue de Dieu est plus terre à terre que ce que l’on est habitué à concéder. Quand on essaye de résoudre toutes ces questions avec nos paramètres à nous, l’équation devient toujours irrésolue (la fuite en arrière ou en avant, de même que la paralysie sont des traces trop présentes). Mais si nous parvenons à ouvrir le regard de notre temps présent au temps de Dieu nous arriverons à vivre ce présent avec ce qu’il comporte (joies et espérances, deuils et angoisses) dans la double dimension de citoyens de notre histoire et de citoyens de Dieu, devenant tout une source de consolation à l’intérieur des événements du présent.

Juliane Picard qui a vécu l’enfer d’Auschwitz est venue témoigner encore cette semaine à la mission étudiante. Son récit est toujours poignant. Plus forte encore est l’impression avec laquelle nous restons quand nous l’entendons parler sur la façon dont elle a vécu sa relation aux autres, dans l’amitié partagée, ainsi que sa manière de vivre la relation avec Dieu. Relation qui lui a permis d’apprivoiser le temps. Cela donne à son regard et à ses paroles incarnées une puissance inouïe. Paroles qui nous introduisent dans une sérénité et une jeunesse d’esprit enviables.

Il n’y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas naviguer. Celui qui vit le présent dans le présent de Dieu trouve toujours dans les vents de la vie, parfois orageux, un changement de cap qui fait du présent non menacé l’avant garde du ciel,

Bon automne à tous!!

20130207_130251

P.  Paco Esplugues

Publicités

Une réflexion au sujet de « Bulletin-info Novembre 2013 »

  1. Qu’il est difficile de gagner la paix ! Plus difficile que de gagner une guerre. Qu’il est difficile d’être prophète de la paix ! Si je lève le doigt vers un avenir gonflé d’espoirs, les réalistes me traitent d’idéaliste : et si je le baisse sur le présent écrasé d’échecs, les utopistes me taxent de défaitiste.
    Seigneur, donne-moi le courage de n’accepter que de Toi la rude vocation de prophète et d’être à tous coups perdant parmi les hommes !

    Qu’il est difficile d’être pédagogue de la paix ! Au milieu de sourds qui croisent le fer des menaces, comment faire entendre la voix qui les éloigne tous de cette bordure du gouffre où à tout instant risque de s’engloutir l’humanité ?
    Seigneur donne-moi l’adresse de bien expliquer que la paix n’est pas si simple que le cœur ne l’imagine, mais plus simple que la raison ne l’établit !

    Qu’il est difficile de croire que la paix est entre mes mains ! Et pas seulement entre les mains des stratèges et des super-grands. Chaque jour, par ma façon de vivre avec les autres plus que par un défilé ou un manifeste, je choisis pour ou contre la paix.
    Seigneur, donne-moi la lumière pour découvrir les vraies racines de la paix, celles qui plongent jusqu’au cœur de l’homme réconcilié avec Dieu !

    Qu’il est difficile d’accueillir l’Évangile de la Paix ! De quelque côté que l’on se trouve, à l’Ouest comme à l’Est. Dans une jungle de fauves aux dents de fusées, comment faire comprendre que perdre son âme est encore plus dangereux que de laisser sa peau ?
    Seigneur, donne-moi la force d’aider ceux qui puisent la sève des Béatitudes à briser la logique absurde et la spirale infernale de la violence !

    Seigneur, tous ces crépitements autour de la paix me révèlent que le moindre accroc à la tunique de la paix fait crier l’homme. Toucher à la paix, c’est plus que toucher à un problème, c’est même plus que toucher à l’homme, c’est toucher à Dieu, à Celui que saint Paul nous présente comme étant lui-même la Paix (Ep 2, 14).

    Seigneur, apprends-moi à gagner la Paix !
    Amen.

    Cardinal Roger Etchegaray

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s