Dimanche 9 juin 2013

La désobéissance à l’idéologie n’est que l’obéissance à Dieu

« II vaut mieux obéir à Dieu qu’aux hommes »(Ac 4, 19)

Bulletin-Info – dimanche 9 juin 2013

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106 voix d’écart exprimant une majorité politique ont renversé de son socle une institution qui avait traversé des siècles et des siècles.  Les instructions générales du Ministère de l’Education Nationale  pour la rentrée 2013/2014 expliquent aux enseignants des maternelles et écoles primaires comment présenter en classe ces ouvrages aux noms évocateurs : « Papa porte une robe – Tango a deux papas et pourquoi pas ?.. ».  L’usage de certains mots devient interdit selon le contexte de leur emploi (« résistance  – veilleurs») et d’autres ressurgissent alors qu’on les pensait jetés avec les heures sombres (« rafle, rétention arbitraire »).

A la jonction des XIXème et XXème siècles alors que la France découvrait les lois républicaines expulsant les congrégations non autorisées,  la pose des scellés sur les portes des monastères, l’interdiction de l’enseignement aux religieux, l’inventaire  des tabernacles par les agents de l’Administration, la saisie des biens ecclésiastiques, le Pape LEON XIII proclamait dans son encyclique «  Libertas praestantissimum » (« De la liberté en suspens ») la légitimité de la désobéissance des catholiques contre les lois défiant le Droit naturel. Le Pape s’exprimait ainsi : « Mais, dès que le droit de commander fait défaut, ou que le commandement est contraire à la raison, à la loi éternelle, à l’autorité de Dieu, alors il est légitime de désobéir, nous voulons dire aux hommes, afin d’obéir à Dieu. Ainsi, les voies à la tyrannie se trouvant fermées, le pouvoir ne rapportera pas tout à soi ; ainsi sont sauvegardés les droits de chaque citoyen, ceux de la société domestique, ceux de tous les membres de la nation ; et tous enfin participent à la vraie liberté, celle qui consiste, comme nous l’avons démontré, en ce que chacun puisse vivre selon les lois et selon la droite raison. »

Cette recommandation du Saint Père nous rappelle le  nécessaire discernement  entre ce qui est « légal » et ce qui est « légitime » : est légal ce qui est conforme aux lois instituées d’une société donnée – est légitime ce qui est conforme aux valeurs fondamentales auxquelles toute législation est supposée se conformer en principe, ce que l’on nomme communément le droit naturel.

A l’image du Christ enseignant les foules depuis une barque, le chrétien doit être à distance du rivage car s’il est « dans le monde »  il n’est pas « du monde »  et il possède la plus belle des libertés, celle d’enfant de Dieu. Le Cardinal LUSTIGER faisait mémoire de cette liberté dans une méditation commentant le « rendez à César : «  Il faut se souvenir comment les Apôtres ont été amenés à  accomplir ce commandement de Jésus, quand, traînés devant les tribunaux qui leur interdisaient de prêcher le nom du Christ, ils dirent : « II vaut mieux obéir à Dieu qu’aux hommes »» (cf. Ac 4, 19).

La désobéissance à l’idéologie n’est donc que l’obéissance à Dieu : la légitimité peut supplanter la légalité.

Désobéir ne signifie pas dresser des barricades ou entrer en clandestinité mais prioritairement, connaître la loi naturelle,  découvrir les liens entre la Foi et la Raison, dissiper le brouillard nauséabond des médias asservis en se formant pour être en capacité d’argumenter et de résister et en nourrissant sa conscience.

Nous sommes en face d’une révolution qui inverse l’ordre de la création de l’homme et de la femme tel que Dieu l’a conçue par son amour de toute éternité ; révolution sournoise qui  infecte la civilisation occidentale  en instillant « une volonté de déstabilisation identitaire et institutionnelle généralisée ». A l’image des gaz de combats modernes ces pensées subversives que sont le « Queer », le « Gender », sont invisibles, incolores et inodores, elles se fondent dans le paysage social sous des mots-paravents (fraternité, droits de l’homme, liberté d’être, égalité, droit à aimer et être aimé) et sont prémâchées par des médias, des pseudo-penseurs et des hommes politiques pour que nos contemporains les ingèrent sans difficulté.

La théorie « queer » prône par « la déconstruction de l’hétérosexualité », comment repenser socialement les identités en niant l’essence féminine ou masculine de la personne et à offrir à l’individu «  une volonté souveraine sur sa propre identité, sur son existence et sur son être mais aussi sur la société qu’il manipule en refusant de s’identifier tel qu’il est en réalité ». Le « gender » « vise à libérer l’individu de l’être et de la vocation qui lui ont été donnés gratuitement par amour et à lui conférer le pouvoir de s’autodéterminer librement » en définissant lui même « une identité sexuelle qui ne coïnciderait pas avec l’identité biologique ».

Ces pensées militantes sont actuelles, présentes  en France dans des directives éducatives, inscrites en creux dans des manuels scolaires et des brochures à destination des tous petits et des plus grands, véhiculées par les vocables de la tolérance et de l’accueil de la différence.

Rendons-nous capables d’ouvrir nos yeux par un discernement réaliste entre les négativités imposées et le mystère de l’amour miséricordieux de notre Père des cieux, restons près de la source par la prière et l’adoration et gardons confiance en la présence agissante de Dieu dans nos histoires et notre Histoire.

La problématique n’est donc pas celle d’un antagonisme politique  gauche /droite, majorité/opposition mais celle d’un choix de civilisation, choix dont la modification législative du mariage n’est que la très fine pointe d’un iceberg. Les commandements nouveaux issus de ces mouvances militantes sont contraires à la loi éternelle et à l’autorité de Dieu : il est ainsi légitime de désobéir car notre liberté  d’enfant de Dieu est suspendue entre des doigts  que n’animent ni la  foi ni  la raison.

Le Cardinal LUSTIGER concluait : « L’Église se révèle dans l’accomplissement d’un service qui est toujours un service d’amour, de livraison  de soi et d’identification au Christ crucifié, rappel, au milieu du cours obscur et changeant des choses de ce monde, de l’absolu de Dieu, fondement de la vraie liberté de l’homme ».

Souvenons nous que David a vaincu le géant Goliath avec cinq cailloux et une fronde : c’est  l’Eglise et le Christ qui donneront à chacun sa fronde et ses petits cailloux. N’ayons pas peur !

Un paroissien

Paroisse Saint Agricol-Saint Louis

Citations in : «  Le gender une norme mondiale » Marguerite A. PEETERS (Editions MAME)  –  « L’impasse » Jacques de GUILLEBON (Editions L’œuvre) – MAGNIFICAT juin 2013
 
 
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