Dimanche 26 mai 2013 – Solennité de la Sainte-Trinité

Elisabeth de la Trinité :

Un chemin trinitaire rendu à la portée de tous  

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Cette semaine nous avons eu la chance de pouvoir partager quelques jours avec les sœurs carmélites du Carmel d’Albacete sur Elisabeth de la Trinité. La merveille de son parcours nous a toujours séduits, mais ces jours-ci nous nous sommes plus que jamais rendus conscients, de la pertinence de son chemin pour tout type de personnes dans quelques situations où elles se trouvent.

Etant Élisabeth professe, elle découvre un guide lumineux : Saint Paul. Élisabeth se laisse transformer par la suite par la lumière de la Parole de Dieu reçue à travers ce grand apôtre. Elle la médite dans son cœur. Et à l’issue d’une retraite communautaire, le 21 novembre 1904, elle s’offre à la Trinité dans une prière qui, découverte après sa mort fera le tour du monde.

Ardente, enthousiaste, Élisabeth ne peut pas garder pour elle-même la Vie qu’elle reçoit. A travers les parloirs, à travers sa correspondance, elle dévoile à sa famille et à ses amis ce bonheur qu’elle découvre. Car, elle en est sûre : Il est aussi pour eux. Dans un langage riche d’une délicate tendresse, elle initie chacun, au cœur de ses propres préoccupations, à l’intimité qu’elle goûte en Dieu. Elle écrit à Françoise de Sourdon :

« Oh, ma chérie, que l’on est heureux quand on vit dans l’intimité avec le bon Dieu, quand on fait de sa vie un cœur à cœur, un échange d’amour, quand on sait trouver le Maître au fond de son âme. Alors on n’est plus jamais seule et on a besoin de solitude afin de jouir de la présence de cet Hôte adoré. Vois-tu, ma Framboise, il faut Lui donner sa place dans ta vie, dans ton cœur qu’Il a fait si aimant, si passionné. Oh! si tu savais comme Il est bon, comme Il est tout Amour ! Je Lui demande de se révéler à ton âme, d’être l’Ami que tu saches toujours trouver, alors tout s’illumine et c’est si bon de vivre! Ce n’est pas un sermon que je veux te faire, c’est le trop-plein de mon âme qui déborde en la tienne pour qu’ensemble nous allions nous perdre en Celui qui nous aime, comme dit saint Paul, « d’un trop grand amour » ! »

« Si tu savais comme je pense à toi, comme je prie pour toi, car c’est tout un pour une carmélite… Vois-tu, je suis heureuse, je demande au bon Dieu de te faire goûter aussi les douceurs de son Amour et de sa présence: c’est cela qui transforme, qui illumine la vie, c’est le secret du bonheur!… Ma Françoise aimée, pense que si le bon Dieu nous a séparées, Lui veut être l’Ami que tu peux trouver toujours. Il se tient à la porte de ton cœur… Il attend… Ouvre-Lui » 

Ce bonheur la rapproche de tous ceux qu’elle continue à porter dans son cœur. Elle insiste sur la proximité qui naît de la communion en Dieu. A sa mère dont elle sait combien son entrée au Camel fut une souffrance, elle écrit :

« … ce soir j’éprouve le besoin de te dire « merci », car sans ton « fiat » tu sais bien que je ne t’aurais jamais quittée, et Lui voulait que je te sacrifie pour son Amour. Le Carmel, c’est comme le Ciel, il faut se séparer de tout pour posséder Celui qui est Tout. Il me semble que je t’aime comme on aime au Ciel, qu’il ne peut plus y avoir de séparation entre ma petite maman et moi, puisque Celui que je possède en moi demeure en elle, nous sommes ainsi tout près!… »

Elle écrit aussi à une amie :

« … voyez-vous, depuis que je suis au Carmel …, il me semble que je me suis encore rapprochée de vous, que je vous aime plus profondément : c’est que Celui qui m’a prise toute à Lui est tout Amour, et j’essaie de m’identifier à tous ses mouvements ; c’est avec son Cœur que je vous aime, avec son âme que je prie pour vous.
… Pensez que vous êtes en Lui, qu’Il se fait votre demeure ici-bas; et puis qu’Il est en vous, que vous le possédez au plus intime de vous-même, qu’à toute heure du jour et de la nuit, dans toutes joies ou épreuves vous pouvez le trouver là, tout près, tout au-dedans. C’est le secret du bonheur, c’est le secret des saints, ils savaient si bien qu’ils étaient le « temple de Dieu » et qu’en s’unissant à ce Dieu l’on devient « un même esprit avec Lui », comme dit saint Paul ; aussi ils allaient à tout sous son rayonnement. »

Et à sa sœur :

« A Dieu, petite sœur, demeurons au centre de notre âme, là où Il habite ; alors à travers toutes choses ce sera le cœur à cœur. Oh ! si tu savais comme Il t’aime et comme, en passant par toi, Il veut se faire aimer des petits anges ! »

« Je viens de lire dans saint Paul des choses splendides sur le mystère de l’adoption divine. Naturellement, j’ai pensé à toi ce serait bien extraordinaire qu’il en fût autrement : toi qui es mère et qui sais quelles profondeurs d’amour le bon Dieu a mises en ton cœur pour tes enfants, tu peux saisir la grandeur de ce mystère: enfants de Dieu, ma Guite, est-ce que cela ne te fait pas tressaillir ? 

Ecoute parler mon cher saint Paul : « Dieu nous a élus en Lui, avant la création. Il nous a prédestinés à l’adoption des enfants pour faire éclater la gloire de sa grâce », c’est-à-dire qu’en sa toute-puissance Il semble ne pouvoir rien faire de plus grand. Et puis écoute encore : « Si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers. » Et quel est cet héritage ? « Dieu nous a rendus dignes d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière. » Et puis, comme pour nous dire que cela n’est pas un avenir lointain, l’Apôtre ajoute : « Vous n’êtes donc plus des hôtes ou des étrangers mais vous êtes de la Cité des saints et de la Maison de Dieu »… Et encore : « Notre vie est dans les Cieux »… Oh ! ma Guite, ce Ciel, cette maison de notre Père, il est au « centre de notre âme » ! Comme tu le verras dans saint Jean de la Croix, lorsque nous sommes en notre centre le plus profond nous sommes en Dieu. N’est-ce pas que c’est simple, que c’est consolant ? A travers tout, parmi les sollicitudes maternelles, tandis que tu es toute aux petits anges, tu peux te retirer en cette solitude pour te livrer à l’Esprit Saint afin qu’Il te transforme en Dieu, qu’Il imprime en ton âme l’Image de la Beauté divine, afin que le Père en se penchant sur toi ne voie plus que son Christ, et qu’Il puisse dire: « Celle-ci est ma fille bien-aimée, en qui j’ai mis toutes mes complaisances. »  Oh, petite sœur, au Ciel je me réjouirai en voyant paraître mon Christ si beau en ton âme; je ne serai pas jalouse mais, avec une fierté de mère, je Lui dirai : C’est moi, pauvre misérable qui ai enfanté cette âme à votre vie. »

Ces lignes sont un petit bijou pour nous introduire dans « l’oxygène de la vie trinitaire », dans ces temps mouvementés que nous vivons où le climat de communion est menacé un peu partout: des agressions contre la nature de l’amour humain selon le dessein de Dieu, des tensions sociales dans les quartiers sensibles, des fantômes de la division interreligieuse, des violences qui parcourent les sociétés, etc., Toutes ces situations font grandir la soif de trouver la vraie source où puiser des relations mûres dont le fondement est la vie trinitaire.

Bonne dimanche et bonne préparation de la fête Dieu!

                                                                                                                                          paco

Père Paco Esplugues, curé

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