Dimanche 24 février 2013

« La transfiguration et la vie. La « beauté » qui sauve »

Bulletin-info n.146

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 La transfiguration et la vie. La «Beauté» qui sauve.

« Le devoir missionnaire n’est pas de révolutionner le monde, mais de le transfigurer, puisant la force de Jésus-Christ qui ‘nous convoque à la table de sa parole et de l’eucharistie, pour apprécier le don de sa présence, nous former à son école et vivre toujours plus consciemment en union avec lui, Maître et Seigneur’ », a dit le pape lors de la Journée Missionnaire Mondiale de 2010.

Dans la spiritualité orientale, le Christ est qualifié de «Très Beau en beauté plus que tous les mortels ». Macaire le Grand commente ainsi la beauté transfigurante et libératrice du Ressuscité : «L’âme qui a été pleinement illuminée par la beauté indicible de la gloire lumineuse du visage du Christ, est remplie du Saint Esprit,… n’est qu’œil, que lumière, que visage. »

La profondeur de cette perspective nous ramène à un des aspects les plus significatifs de ce temps de Carême, celui de pénétrer dans le nouveau regard que la transfiguration de Jésus a signifié pour les trois amis qu’il a invités à monter avec Lui sur la montagne. Ce regard est le regard contemplatif qu’ils ont reçu par grâce. Le temps de Carême est un temps spécial pour éduquer le regard.

Ce regard contemplatif a donc besoin de  s’éduquer. Et il s’éduque sans doute en prenant le temps à travers l’œuvre artistique que l’éducation de l’émotion prépare le cœur pour la contemplation.  Art et transfiguration sont dans le magistère des derniers papes Jean Paul II et Benoît XVI, les deux pôles d’un binôme très fécond. Retenons quelques aspects.

Toute forme authentique d’art est, à sa manière, une voie d’accès à la réalité la plus profonde de l’homme et du monde. Comme telle, elle constitue une approche très valable de l’horizon de la foi, dans laquelle l’existence humaine trouve sa pleine interprétation. Voilà pourquoi la plénitude évangélique de la vérité ne pouvait ne pas susciter dès le commencement l’intérêt des artistes, sensibles par nature à toutes les manifestations de la beauté intime de la réalité.

Qu’est-ce qui peut redonner l’enthousiasme et la confiance, qu’est-ce qui peut encourager l’âme humaine à retrouver le chemin, à lever le regard vers l’horizon, à rêver d’une vie digne de sa vocation sinon la beauté? Chers artistes, vous savez bien que l’expérience du beau, du beau authentique, pas éphémère ni superficiel, n’est pas quelque chose d’accessoire ou de secondaire dans la recherche du sens et du bonheur, car cette expérience n’éloigne pas de la réalité, mais, au contraire, elle mène à une confrontation étroite avec le vécu quotidien, pour le libérer de l’obscurité et le transfigurer, pour le rendre lumineux, beau.

Pour cela il faut impérieusement dépasser le rapport purement technique à la réalité. Jean Paul II exposait un paradoxe : ‘l’image photographique malgré sa fidélité technique, a un moindre contact avec la personne représentée. Il le dit en comparaison  à la transfiguration typique de l’œuvre d’art. Dans le regard technique, on en reste à la surface des choses, à la matière. De l’autre, on atteint l’âme.  L’œuvre d’art est donc pour lui une transfiguration. Et il se demande : « Où est le progrès si le prix à payer est une perte d’âme ? Jésus avait déjà dit cela : « Quel profit aurait l’homme à gagner l’univers, s’il vient à ruiner son âme ? » ‘Mt 16,26). L’analyse de Jean Paul II est très pertinente, si l’on considère qu’il veut poser un discernement sur la vaste majorité des images déferlant en continu sur le monde. IL veut montrer comment le propre de l’artiste est de traduire l’âme. Et ces réflexions sont aussi pour nous une halte dans le chemin du Carême.

Il place la représentation artistique dans le registre de la transfiguration. La clé de la transfiguration est la pénétration d’un regard contemplatif sur la réalité. Ce regard contemplatif est représenté par la béatitude « Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu ». Que ce dimanche au cœur du Carême nous ramène à un accroissement contemplatif et par l’art à une transfiguration et par la contemplation renouvelée de la beauté de la Croix.                                                

Semaine Sainte en Avignon

P. Paco Esplugues

 

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