Dimanche 12 décembre 2010

 

« Dieu est si grand qu’Il a du temps pour nous »

 

Le temps de l’Avent nous invite à réfléchir sur la dimension du temps, qui exerce toujours sur nous une grande fascination. En suivant l’exemple de ce que Jésus aimait faire, je désirerais toutefois partir d’une constatation très concrète : nous tous disons que « nous n’avons pas le temps », parce que le rythme de la vie quotidienne est devenu pour nous tous frénétique. Même à ce propos, l’Église a une «bonne nouvelle» à nous apporter: Dieu nous offre son temps. Nous avons toujours peu de temps; particulièrement pour le Seigneur, nous ne savons pas ou parfois, nous ne voulons pas le trouver. Eh bien, Dieu a du temps pour nous ! Voilà la première chose que le début d’une année liturgique nous fait redécouvrir avec un émerveillement toujours nouveau. Oui: Dieu nous offre son temps, parce qu’il est entré dans l’histoire avec sa Parole et ses œuvres de salut, pour l’ouvrir à l’éternité, pour le faire devenir histoire d’alliance. Dans cette perspective, le temps est déjà en lui-même un signe fondamental de l’Amour de Dieu : un don que l’homme, comme tout autre chose, est en mesure de mettre en valeur ou, au contraire, de gâcher ; le saisir dans toute sa signification, ou alors le négliger avec une superficialité fermée.

Ensuite, il y a trois grands « pivots » du temps, qui articulent l’histoire du salut : au début la création, au centre l’incarnation-rédemption et au terme la « parousie », l’arrivée finale qui comprend aussi le jugement universel. Il ne faut cependant pas comprendre ces trois moments simplement comme une succession chronologique. En effet, la création est à l’origine de tout, mais elle continue aussi et se réalise tout le long de l’arc entier du devenir cosmique, jusqu’à la fin des temps. De même, l’incarnation-rédemption, si elle s’est produite dans un  moment historique déterminé, la période du passage de Jésus sur la terre, étend toutefois son rayon d’action à tout le temps qui a précédé et à tout celui qui suivra. Et à leur tour, la dernière venue et le jugement dernier, qui précisément dans la Croix du Christ ont eu une anticipation décisive, exercent leur influence sur la conduite des hommes de chaque époque.

Le temps liturgique de l’Avent célèbre la venue de Dieu, en ces deux moments : d’abord il nous invite à réveiller l’attente du retour glorieux du Christ ; donc, en s’approchant de Noël, il nous appelle à accueillir le Verbe qui s’est fait homme pour notre salut. Mais le Seigneur vient continuellement dans notre vie. L’appel de Jésus, qui en ce premier Dimanche nous est reproposé avec force, est donc opportun : « Veillez ! ». Il s’adressait aux disciples, mais aussi « à nous tous », afin que chacun, à l’heure que seul Dieu connaît, sera appelé à rendre compte de son existence. Cela comporte un juste détachement des biens terrestres, un repentir sincère de ses propres erreurs, une charité active envers le prochain et surtout un abandon humble et confiant entre les mains de Dieu, notre Père, doux et miséricordieux. L’icône de l’Avent est la Vierge Marie, la Mère de Jésus. Invoquons-La afin qu’elle nous aide nous aussi à devenir un prolongement d’humanité pour le Seigneur qui vient.

 

S.S. Benoît XVI

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