Dimanche 9 mai 2010

Le Concile Vatican II au cœur de ce dimanche

Feuille-Info St Agricol-St Louis n. 31

 La liturgie de ce dimanche nous place au cœur des dynamismes présents dans le Concile Vatican II. Nous sommes dans un moment très important de sa réception. Ses textes sont plus que jamais mis en question. Ils sont repris par certains secteurs de l’Eglise,  isolés de la tradition précédente. D’autres au contraire essayent de les ignorer, comme s’il n’y avait que des erreurs. C’est peut-être à cause de cela que nous sommes dans un moment privilégié pour saisir leur message dans toute sa profondeur. C’est aussi l’occasion d’accueillir le don que l’Esprit a fait à l’Eglise du Christ à travers ses textes. Il s’agit  de les lire en continuité avec toute la grande tradition, ce qui permettrait, non seulement de les comprendre avec justesse, mais aussi d’incarner dans la vie ecclésiale ce que le « sujet Concile » a réalisé. A la lumière de la relation que Jésus vit avec son Père, le Concile nous exhorte à vivre dans l’Eglise et dans nos relations avec tous les hommes, le même amour dont s’aiment les personnes de la Sainte Trinité (cf. LG 4).

C’est précisément ce dont on a le plus besoin en ce moment de l’histoire. On a plus que jamais dans nos sociétés pluralistes la tendance à un relativisme « bon marché » dans lequel tout « s’en vaut pareil ». Pour arriver à un  dénominateur commun dans le dialogue, la tendance est à rabaisser la vérité à cause de la peur de l’intolérance, ou bien, à affirmer ses propres positions, sans laisser aucune porte ouverte qui permettrait de trouver un dialogue vrai avec celui qui est différent. Le Concile est porteur d’une richesse méconnue, qui permet à la fois de maintenir la radicalité des propres racines, et de considérer avec justesse « toute conscience humaine » (cf. 2 Cor 4,5-6).  Le modèle de ce dialogue est celui que le Christ a établi avec les hommes pendant sa vie historique et qu’il poursuit aujourd’hui avec nous. Cela se trouve dans le noyau trinitaire des quatre constitutions du Concile (cf. SC 5, LG 3, DV 4, GS 3) mais il se manifeste avec toute sa richesse,  dans le cœur de la déclaration Dignitatis Humanae (cf. DH 11), qui est un bijou conciliaire très méconnu.

Les lectures de ce dimanche en offrent le cœur. Le Christ s’adresse à ses disciples en leur révélant le mystère de son inhabitation dans leurs cœurs juste après Pâques. Cette présence fruit de la disponibilité libre et totale à ses appels, par l’œuvre de l’Esprit-Saint, devient le lieu d’une paix totalement méconnue pour le monde, celle d’un cœur amoureux et totalement uni au Christ qui conduit à la glorification du Père par l’Esprit. Dans cette paix le rapport aux hommes devient  un témoignage  qui permet de « reconnaître et d’aimer le Christ dans leurs vies » (cf. GS 93). Celle-ci est « réinventée aujourd’hui  par certains théologiens » comme une espèce d’immanence divine, qui est fausse et qui devient une porte ouverte à la banalisation de la foi. Mais quand elle est vécue (comme dans le Concile Vatican II), elle est le lieu du vrai témoignage par lequel les hommes découvrent leur  véritable dignité. Au delà des différentes tendances présentes au cœur du Concile Vatican II, l’Eglise  ne fait pas « una via media ». Elle puise à la source du mystère trinitaire les fondements du dialogue qu’elle est appelée à établir avec les hommes à la suite du Christ (cf. DH 11). Relisons ce texte très court, très riche et très actuel !

P. Paco ESPLUGUES

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