Pentecôte 2009

La Mission : Les champs sont blancs pour la moisson 

 Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé

et de mener son œuvre à bonne fin.

Ne dites-vous pas : Encore quatre mois et vient la moisson ?

Eh bien ! Je vous dis : Levez les yeux et regardez les champs, ils sont blancs pour la moisson

Jn 4, 35-38 

 

 

 

Après la Venue du Fils dans notre chair humaine, sa Pâque et son Ascension aux cieux, nous sommes dans la Plénitude des temps. Même si tous les événements de l’histoire ressemblent seulement à une continuation de ce qui se passait avant, en réalité tout a été bouleversé. Tout est nouveau, il y a une nouvelle création. Désormais la vie de l’homme est habitée par la plénitude d’un Amour qui a tout touché, tout traversé, tout transformé. Le petit Fleuve de Vie qui jaillit du côté oriental du Temple, arrive à la mer de la corruption et guérit toutes les blessures. La mort a été engloutie par la Vie ! Nous sommes tous «menacés» de Vie !

Paradoxalement, notre monde semble plus éloigné que jamais de l’expérience de cet Amour qui comble la vie dans les événements quotidiens. Il y a des guerres partout; les menaces terroristes sont à l’ordre du jour dès le début du Nouveau Millénaire; les souffrances de continents entiers comme l’Afrique ne cessent de grandir. Et surtout, plus proche de nous, nos sociétés sont plus éloignées que jamais de la religion dans laquelle des générations entières des nos ancêtres se sont reconnues. C’est dans un climat de «supermarché du religieux» où chacun choisit des miettes «mystiques» pour faire face à une faim d’Absolu qui n’arrive pas à être comblée. Des violences parcourent les cœurs, symptôme incontournable de notre incapacité à rejoindre la plénitude d’Amour qui habite au plus profond de chacun, mais qui demande à être reconnue.

Où est-elle cette Plénitude des temps ? Est-il vrai que Dieu est en train de soutenir la vie de l’humanité ? Notre Dieu, s’occupe-t-Il de notre cause et de ce qui nous arrive? C’est seulement dans un climat  de Vérité que l’on peut voir les signes de Dieu dans ces temps qui sont les nôtres, dans lesquels l’Esprit du Seigneur est à l’œuvre plus que jamais. Peut-être n’y a-t-il pas eu de situation historique aussi privilégiée que la nôtre, pour que la virtualité de l’Evangile manifeste toute sa puissance de guérir et de renouveler les cœurs des hommes. Jamais comme aujourd’hui l’homme n’a été appelé à se débarrasser de tout ce qui est aléatoire, même dans le domaine du religieux, pour manifester une faim radicale dans la recherche de ce qui constitue le plus profond des désirs qui l’habitent. Le panorama semble radicalement éloigné des formules les plus extérieures de la religion, et c’est pour cela que le pessimisme s’installe chez beaucoup de chrétiens. Dans un premier regard tout semble disparaître, de là la tentation de la nostalgie ou de tout laisser perdre (gérer la décadence).

Par contre c’est dans un climat comme celui-ci où l’essentiel se manifeste plus radicalement : «Homme de désir, éveille-toi» (Ap 22, 17): la finale de l’Apocalypse semble nous placer au cœur de notre temps. Qui est, en même temps, au cœur même de ce que Dieu a voulu nous donner dans la chair de son Fils: son propre Cœur; la soif infinie de son Cœur; sa passion d’Amour pour tous les hommes. Une passion cachée à cause de la délicatesse infinie d’un Amour qui veut gagner les cœurs dans la liberté totale. Le baiser fou d’un Amour qui s’est uni si fort à notre vie qu’il est devenu une seule chair avec la nôtre ! «Celle-ci est vraiment chair de ma chair» (Gn 2, 23), nous dit Jésus dans un cri émerveillé depuis sa Pâque et son Eucharistie ! À nos pieds Il supplie que nous lui laissions rejoindre nos soifs les plus profondes et les combler ! Avoir une soif folle est la condition d’entrée dans cette merveille de l’Amour. Se placer devant le Christ avec nos soifs dépouillées de tout maquillage, c’est la condition d’entrée dans la merveille du Fleuve de Vie qui jaillit de son côté ouvert ! Nous sommes dans le meilleur des temps pour cela !

Dans la liberté du cœur il est possible de reconnaître les gémissements ineffables du cœur du Christ. Et de quelle manière Il vient combler toutes les aspirations les plus profondes de nos cœurs. La miséricorde infinie de son Cœur fait de nos péchés l’occasion d’un crédit illimité d’Amour. En buvant de sa coupe, jaillit dans notre intérieur la pureté d’un amour qui n’est pas le nôtre. Qui est le sien en nous ! Nos cœurs guéris et unifiés touchent et se réjouissent de la paix, de la disparition des violences, et surtout de pouvoir vivre tout comme une passion d’amour. La soif qu’Il a de notre soif nous unit dans un seul amour immortel avec Lui. Les blessures de notre humanité qu’Il a prise sur Lui, deviennent le lieu où Il nous demande nos vies par amour. Y a-t-il joie plus grande que d’être la cause de sa joie ?  

La merveille de la mission prend tout son sens ici. Considérer la mission dans le registre du besoin par le petit nombre de chrétiens qu’il y a dans le monde c’est passer à côté de l’essentiel.  Dans le plein éveil de «l’homme de désir», qui a rencontré la perle précieuse, on a des yeux pour découvrir dans les visages de nos frères non seulement des problèmes, mais la merveille de vie qui les traverse même s’ils ne savent pas la nommer. En nous laissant pénétrer du dialogue d’Amour que le Christ a avec nos vies, on devient haut-parleur des paroles que notre Dieu prononce au cœur de nos frères. En partageant la nouveauté de l’Amour qui fait vivre des relations pleines avec nos frères on devient signe de crédibilité, pour tout homme qui recherche la communion avec les hommes. Plus encore la vie devient toute entière une passion de vivre et d’aimer.

Tout cela nous l’apprenons dans l’école d’Amour de la Croix. Que seule Marie était capable de comprendre. Elle s’est associée de tel façon au cœur de son Fils, à sa Passion d’Amour, qu’elle a été la porte pour aider le «disciple bien aimé» qui ne comprenait pas trop la folie d’Amour dont il été aimé. Marie l’a accompagné de sa foi et de son esprit à la Pentecôte, et lui, de même que la première Eglise a pu recevoir le Grand Consolateur. Le feu d’Amour, le Baiser d’Amour de notre Dieu. L’Eglise retrouve toujours en elle son origine ! La nouvelle Pentecôte que Jean Paul II entrevoyait pour l’Eglise du IIIème Millénaire est sur le point de commencer !

 

     En ce moment je trouve ma joie dans les souffrances que j’endure pour vous,

et je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ

pour son Corps, qui est l’Eglise.

Car je suis devenu ministre de l’Eglise, en vertu de la charge que Dieu m’a confiée,

 de réaliser chez vous l’avènement de la Parole de Dieu,

ce mystère resté caché depuis les siècles et les générations et

qui maintenant vient d’être manifesté à ses saints

Col 1,24

 

 

P. Paco Esplugues Ferrero

 

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