Porter sur internet le témoignage de notre foi

 

La Saint-Siège lance son propre canal officiel sur YouTube

http://fr.youtube.com/vatican

 

Tandis que le Saint-Siège a lancé hier un canal officiel sur YouTube, la plate-forme de publication de vidéos la plus célèbre au monde, le message du pape Benoît XVI pour la Journée mondiale des communications sociales sur le thème : Nouvelles technologies, nouvelles relations. Encourager une culture du respect, du dialogue, de l’amitié, a été publié. Voilà le texte :

 

Chers frères et soeurs,

A l’approche de la Journée mondiale des communications sociales, c’est avec joie que je me tourne vers vous afin de vous faire part de quelques-unes de mes réflexions sur le thème choisi pour cette année : Nouvelles technologies, nouvelles relations. Encourager une culture de respect, de dialogue, d’amitié. En effet, les nouvelles technologies numériques déterminent des changements fondamentaux dans les modèles de communication et dans les rapports humains. Ces changements sont particulièrement évidents parmi les jeunes dont la croissance est étroitement liée à ces nouvelles technologies de communication. Ils se sentent donc à l’aise dans un monde numérique qui, en revanche, semble souvent étranger à certains d’entre nous, adultes, qui avons du apprendre à comprendre et à apprécier les opportunités qu’il offre pour la communication. Dans le message de cette année, je pense en particulier à ceux qui font partie de cette génération dite ‘numérique’ : je voudrais partager avec elle certaines idées sur le potentiel extraordinaire des nouvelles technologies lorsqu’elles sont utilisées pour favoriser la compréhension et la solidarité humaine. De telles technologies sont un don véritable pour l’humanité : nous devons donc faire en sorte que les avantages qu’elles offrent soient mis au service de tous les êtres humains et de toutes les communautés, particulièrement des plus nécessiteux et des plus vulnérables.

La facilité d’accès aux portables et aux ordinateurs, unie à une portée mondiale et à la capillarité d’Internet, a créé une multiplicité de moyens d’envoyer, de manière instantanée, des mots et des images dans les lieux les plus éloignés et isolés du monde : une possibilité impensable pour les générations précédentes. Les jeunes, en particulier, ont accueilli l’énorme potentiel des nouveaux media pour favoriser la connexion, la communication et la compréhension entre individus et communautés et les utilisent pour communiquer avec leurs amis, pour en rencontrer de nouveaux, pour créer des communautés et des réseaux, pour chercher des informations et des nouvelles, pour partager leurs idées et leurs opinions. Beaucoup d’avantages dérivent de cette nouvelle culture de la communication : les familles peuvent rester en contact même si elles sont séparées par de grandes distances, les étudiants et les chercheurs ont un accès plus facile et plus direct aux documents, aux sources et aux découvertes scientifiques et peuvent, par conséquent, travailler en équipe de lieux différents ; en outre, la nature interactive des nouveaux media facilite des formes plus dynamiques d’apprentissage et de communication, qui contribuent au progrès social.

Bien que ce soit un motif d’émerveillement, la vitesse d’évolution des nouvelles technologies en termes de fiabilité et d’efficacité, leur popularité parmi les usagers ne devraient pas nous surprendre, puisqu’elles répondent au désir fondamental des personnes d’entrer en relation les unes avec les autres. Ce désir de communication et d’amitié est enraciné dans notre nature même d’êtres humains et ne peut être légitimement compris que comme une réponse aux innovations technologiques. À la lumière du message biblique, un tel désir est plutôt à lire comme le reflet de notre participation à l’amour communicatif et unifiant de Dieu, qui veut faire de l’humanité tout entière une seule famille. Lorsque nous ressentons le besoin de nous rapprocher d’autres personnes, lorsque nous voulons mieux les connaître et nous faire connaître, nous répondons à l’appel de Dieu – un appel inhérent à notre nature d’êtres créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, le Dieu de la communication et de la communion.

Le désir de connexion et l’instinct de communication, qui sont ainsi affirmés dans la culture contemporaine, ne sont en vérité que des manifestations modernes de la tendance fondamentale et constante des êtres humains à aller au-delà d’eux-mêmes pour entrer en relation avec les autres. En réalité, lorsque nous nous ouvrons aux autres, nous portons à accomplissement nos besoins les plus profonds et nous devenons plus pleinement humains. Aimer est, en effet, ce pour quoi nous avons été prédisposés par le Créateur. Naturellement, il ne s’agit pas de relations passagères, superficielles ; je parle de l’amour véritable, qui constitue le centre de l’enseignement moral de Jésus : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force » et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (cf. Mc 12, 30-31). Dans cette lumière, tout en réfléchissant sur le sens des nouvelles technologies, il est important de considérer non seulement leur capacité indubitable à favoriser le contact entre les personnes, mais également la qualité des contenus qu’elles sont appelées à mettre en circulation. Je désire encourager toutes les personnes de bonne volonté, actives dans le monde de la communication numérique, à s’engager à promouvoir une culture du respect, du dialogue, de l’amitié.

Par conséquent, ceux qui travaillent dans le secteur de la production et de la diffusion des contenus des nouveaux media ne peuvent pas ne pas se sentir engagés quant au respect de la dignité et de la valeur de la personne humaine. Si les nouvelles technologies doivent servir au bien des individus et de la société, ceux qui les utilisent doivent éviter le partage de mots et d’images dégradantes pour l’être humain, et exclure ainsi ce qui alimente la haine et l’intolérance, ce qui avilit la beauté et l’intimité de la sexualité humaine, ce qui exploite les faibles et les personnes sans défense.

Les nouvelles technologies ont aussi ouvert la voie au dialogue entre des personnes de pays, de cultures et de religions différentes. La nouvelle arène numérique, le cyberespace, permet de faire des rencontres et de connaître les valeurs et les traditions des autres. Toutefois, pour être fécondes, de telles rencontres demandent des formes d’expression honnêtes et correctes ainsi qu’une écoute attentive et respectueuse. Le dialogue doit être enraciné dans une recherche sincère et réciproque de la vérité, pour réaliser la promotion du développement dans la compréhension et dans la tolérance. La vie n’est pas qu’une simple succession de faits et d’expériences : elle est plutôt une recherche du vrai, du bien et du beau. C’est précisément dans cet objectif que nous faisons nos choix, que nous exerçons notre liberté et c’est là, c’est-à-dire dans la vérité, le bien et le beau, que nous trouvons le bonheur et la joie. Encore faut-il ne pas se laisser duper par ceux qui cherchent simplement des consommateurs sur un marché aux possibilités indifférenciées, où le choix en lui-même devient le bien, la nouveauté se métamorphose en beauté, l’expérience subjective évince la vérité.

Le concept d’amitié a joui d’une nouvelle relance dans le vocabulaire des réseaux sociaux numériques apparus ces dernières années. Un tel concept est une des conquêtes les plus nobles de la culture humaine. Dans nos amitiés et à travers elles nous grandissons et nous nous développons comme êtres humains. C’est pourquoi l’amitié véritable a toujours été considérée comme une des plus grandes richesses dont dispose l’être humain. Pour cette raison, il faut être attentif à ne pas banaliser le concept et l’expérience de l’amitié. Combien il serait triste si notre désir de soutenir et de développer des amitiés on-line se réalisait aux prix de notre disponibilité pour la famille, pour nos proches et pour ceux que l’on rencontre dans la réalité quotidienne, sur notre lieu de travail, à l’école, pendant le temps libre. En effet, lorsque le désir de connexion virtuelle devient obsessionnel, la conséquence est que la personne s’isole, interrompant une réelle interaction sociale. Cela finit même par déranger les temps de repos, de silence et de réflexion nécessaires à un sain développement humain.

L’amitié est un grand bien humain, mais elle serait vidée de sa valeur, si elle était considérée comme une fin en soi. Les amis doivent se soutenir et s’encourager les uns les autres pour développer leurs dons et leurs talents et les mettre au service de la communauté humaine. Dans ce contexte, il est gratifiant de voir l’émergence de nouveaux réseaux numériques qui cherchent à encourager la solidarité humaine, la paix et la justice, les droits de l’homme et le respect pour la vie et le bien de la création. Ces réseaux peuvent faciliter des formes de coopération entre des peuples de contextes géographiques et culturels différents, en leur permettant d’approfondir leur humanité commune et le sens de la coresponsabilité pour le bien de tous. Il faut toutefois se préoccuper de faire en sorte que le monde numérique, où de tels réseaux peuvent être établis, soit un monde vraiment accessible à tous. Quel grave préjudice pour l’avenir de l’humanité, si les nouveaux moyens de communication, qui permettent de partager des connaissances et des informations de manière plus rapide et efficace, n’étaient pas accessibles à ceux qui sont déjà économiquement et socialement marginalisés ou s’ils contribuaient seulement à creuser l’écart qui sépare les pauvres des nouveaux réseaux qui se développent au service de l’information et de la socialisation humaine.

Je voudrais conclure ce message en me tournant, en particulier, vers les JEUNES CATHOLIQUES, pour les exhorter à porter au monde numérique le témoignage de leur foi. Très chers jeunes, engagez-vous à introduire dans la culture de ce nouveau domaine de la communication et de l’information les valeurs sur lesquelles votre vie repose ! Dans les premiers temps de l’Église, les apôtres et leurs disciples ont apporté la Bonne Nouvelle de Jésus dans le monde gréco-romain : comme alors, l’évangélisation, pour être féconde, requit la compréhension attentive de la culture et des coutumes de ces peuples païens dans le but d’en toucher les esprits et les cœurs ; aujourd’hui aussi, l’annonce du Christ dans le monde des nouvelles technologies en suppose une connaissance approfondie pour une utilisation conséquente et adaptée.

À vous, jeunes, qui vous trouvez presque spontanément en syntonie avec ces nouveaux moyens de communication, vous revient en particulier le devoir d’évangélisation de ce « continent numérique ». Sachez prendre en charge avec enthousiasme l’annonce de l’Evangile à vos contemporains ! Vous connaissez leurs craintes et leurs espoirs, leurs enthousiasmes et leurs déceptions : le don le plus précieux que vous puissiez leur faire est de partager avec eux la « Bonne Nouvelle » d’un Dieu qui s’est fait homme, qui a souffert, qui est mort et qui est ressuscité pour sauver l’humanité. Le coeur humain aspire à un monde où règne l’amour, où les dons soient partagés, où soit édifiée l’unité, où la liberté trouve son sens dans la vérité et où l’identité de chacun soit réalisée dans une communion respectueuse. La foi peut donner une réponse à ces attentes : soyez-en les hérauts ! Le pape est à vos côtés à travers sa prière et sa bénédiction.

 

Du Vatican, le 24 janvier 2009

 

BENEDICTUS PP. XVI

 

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