Crise des années 70-90

De la nécessité d’en tirer toutes les leçons !

Par Alex et Maud Lauriot-Prévost

France Catholique- samedi 3 janvier 2009

 

L’Eglise en France à vécu une grave crise durant les années 70-90, sans en avoir vraiment analysé en profondeur les causes qui lui sont propres. Certains veulent pourtant déjà clore un débat qui s’ouvre à peine. Même si la question est sensible, il apparaît au contraire utile de tenter d’en tirer les leçons afin de ne pas réitérer les erreurs commises. Un travail collectif de relecture et de discernement ne peut donc que porter un fruit utile pour construire l’avenir.

Dans un article récent , un de nos évêques tente d’ouvrir comme une sorte de contre-feu pour couper court à des analyses de plus en plus nombreuses qui cherchent aujourd’hui à décrypter les raisons de la crise profonde qu’a traversée l’Église durant les années 70-90 et particulièrement en France. Etonnante et surprenante tentative de certains de dédouaner dores et déjà de toute responsabilité la génération aux commandes pastorales de ces 20-30 années très critiques. Cela illustre combien la question est sensible dans notre pays, alors qu’à Rome ou dans d’autres pays, ce travail a déjà été largement entamé. N’est-il donc pas nécessaire de se poser deux questions très simples pour camper ce débat que nous souhaitons avec bien d’autres voir se développer : « pourquoi en est-on arrivé là ? » et surtout « quelles leçons en tirer pour la conduite pastorale de l’Eglise aujourd’hui et demain ? ».

Que l’Eglise de France ne ferme pas le ban avant qu’il ne soit ouvert !

Même si les historiens ou les théologiens de demain ne manqueront pas de répondre très librement à ces questions, il nous semble dès à présent très sain et opportun pour l’Église de France de réaliser un premier discernement sans langue de buis sur cette période difficile, dont nous payons aujourd’hui tout le prix pastoral et communautaire, tant la désertion ecclésiale a été massive durant toutes ces années : parents d’enfants et de petits-enfants devenus incroyants, ou membres d’une génération baptismale dont la grande majorité ne connaît pas le Christ, il est logique qu’un certain nombre réclame aujourd’hui un vrai ‘droit d’inventaire’.

Il est aussi compréhensible que d’autres attribuent les errements douloureux de cette période aux seules difficultés du moment, craignent d’ouvrir un débat finalement stérile et diviseur alors que l’Eglise de France semble aujourd’hui relever la tête, ou pressentent avec plus ou moins d’inquiétude ce qui pourrait effectivement sortir d’imprévisible d’une analyse approfondie. Arguments pertinents qu’il faut selon nous écouter : il ne s’agit donc nullement de trouver des boucs émissaires, mais de tirer avant tout pour l’avenir toutes les leçons théologiques, pastorales et spirituelles de cette crise sans précédent. Pour affronter lucidement et efficacement les défis de l’Eglise du XXI° siècle, il nous semble ni sérieux, ni responsable au plan pastoral et spirituel d’imputer aussi facilement toutes les difficultés rencontrées au seul sécularisme extérieur ou à l’esprit du monde moderne. De grâce donc ! Que l’Eglise de France ne ferme pas le ban avant qu’il ne soit ouvert ! C’est trop important pour les générations présentes et futures afin de leur permettre de mieux construire l’avenir ecclésial à la suite du Christ.

Suite de l’article en PDF

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