26 avril 2008

Mgr. Cattenoz

dans l’Ecole de la Mission Saint Paul

 

  

Samedi 26 avril a eu lieu la rencontre prévue avec notre archevêque Mgr. Cattenoz qui nous a parlé du thème: «EUCHARISTIE,   MYSTÈRE NUPTIAL». Après son enseignement nous avons pu continuer le partage avec lui autour d’un repas avant de finir notre matinée avec l’Eucharistie.

Ça a été, comme quelqu’un l’a dit, l’occasion de vivre un temps fort en Église : de prière, de formation et de fraternité. Une occasion de réfléchir en profondeur sur la grandeur de notre baptême et de notre mission de chrétiens auprès de notre entourage. Merci à tous, d’abord à Mgr. Cattenoz !

 

Quelques photos de la journée vous pouvez les trouver en cliquant ici

A très bientôt !

Ecole de la Mission Saint Paul

 

 

Enseignement de Mgr. Cattenoz

Ce texte est transcrit par nous à partir de l’enseignement oral 

 

Avec un peu d’humour je dirais que l’École de la Mission Saint Paul devrait faire une école l’année prochaine en Terre Sainte, à Jérusalem. Aujourd’hui je vous propose d’essayer d’aborder même si c’est rapidement : l’Eucharistie comme mystère nuptial.

"La terre entière est remplie de ton amour, prodige qui me dépasse, hauteur que je ne puis atteindre", ce sont les mots du psalmiste dans le psaume 138. Dieu est Amour et toute la Création est marquée jusqu’au plus profond d’elle-même par cet amour divin qui l’enveloppe depuis le premier jour jusqu’au jour où descendra du Ciel de chez Dieu la Cité Sainte, la Jérusalem Nouvelle, belle comme une jeune mariée, parée pour son Epoux. En réalité, à travers toute la Bible, Dieu multiplie les images pour nous dire ce qu’Il veut vivre avec nous, c’est à dire pour nous dire l’amour qu’Il veut nouer entre Lui et nous. Et parmi toutes les images qu’Il va trouver c’est celle des Noces qui va émerger comme un phare qui éclaire le mystérieux projet divin, au coeur même de la Création.

Quel est le projet de Dieu ? "Il nous a choisi, Il nous a élu en Lui dès avant la création du monde pour que nous soyons saints et immaculés en sa présence et dans l’amour, déterminant par avance que nous serions pour Lui des enfants adoptifs dans l’unique bien aimé." (Eph 1, 3-14). Et toute l’histoire Sainte est une histoire d’amour entre Dieu et son peuple. Toute l’histoire sainte s’enracine dans l’amour fou de Dieu pour l’homme. D’ailleurs quel est le premier cri de Dieu en style direct dans la Bible ? "Où  es-tu ?". Et en fait toute la Bible c’est l’histoire de Dieu qui cherche l’homme et qui veut renouer avec lui une histoire d’amour. Mais cette histoire elle s’enracine tout à la fois dans l’amour fidèle de Dieu et dans l’infidélité permanente du peuple. En réalité l’amour du côté de Dieu, lui est absolument fidèle, il est fort, il est sans failles et du côté de l’épouse c’est prostitutions après prostitutions. J’y peux rien c’est l’histoire sainte, c’est notre histoire à tous. Et en même temps la phrase d’Augustin coure dans tous les coeurs, "tu nous a fait pour toi Seigneur et notre coeur est sans repos tant qu’il ne repose en toi." Et notre propre histoire devient donc l’histoire d’un amour entre Dieu et nous, l’histoire d’une liberté appelée à s’ouvrir et à adhérer à ce projet divin.

Dans l’Ancien Testament, les liens d’alliance qui se tissent et se nouent entre Dieu et son peuple, l’Écriture les exprimera par la bouche des prophètes, en des images empruntées à l’expérience de l’amour conjugal avec ses joies et ses difficultés, ses hauts et ses bas, où fidélité et infidélité s’entremêlent. Dans ce miroir humain les prophètes entrevoient l’alliance de Dieu et de son peuple dans une grande noce entre Dieu et l’humanité. Ainsi le prophète Osée, à travers son expérience conjugale, nous révèle tout à la fois la fidélité de l’amour divin et l’infidélité de l’Épouse. Et je vous cite le livre d’Osée, au chapitre second :"Intentez un procès à votre mère, intentez lui un procès car elle n’est pas ma femme et moi je ne suis pas son mari. Qu’elle écarte de sa face ses prostitutions et d’entre ses seins ses adultères, sinon je la déshabillerai toute nue et la mettrai comme au jour de sa naissance. Je la rendrais pareil au désert, je la conduirais en terre aride, je la ferai mourir de soif et de ses enfants je n’aurai pas pitié car se sont des enfants de prostitutions. Oui, leur mère s’est prostituée, celle qui les conçu s’est déshonorée car elle a dit : je veux courir après mes amants, qui me donneront mon pain et mon eau, ma laine et mon lin, mon huile et ma boisson.

C’est pourquoi je vais obstruer son chemin avec des ronces, je l’entourerais d’une barrière pour qu’elle ne trouve plus ses sentiers, elle poursuivra ses amants et ne les atteindra pas. Elle les cherchera et ne les trouvera pas, alors elle dira : je veux retourner vers mon premier mari, car j’étais plus heureuse alors que maintenant. Elle n’a pas reconnu que c’est moi qui lui donnais le froment, le vin nouveau et l’huile fraîche, qui lui prodiguait cet argent et cet or qu’ils ont employé pour Baal. C’est pourquoi je reprendrai mon froment en son temps et mon vin nouveau en sa saison, je retirerai ma laine et mon lin qui devraient couvrir sa nudité, puis je dévoilerais son infamie aux yeux de ses amants et personne ne la délivrera de ma main. Je ferai cesser toutes ses réjouissances. C’est pourquoi je vais la séduire, je la conduirais au désert et je parlerais à son coeur. Là je lui rendrais ses vignobles et je ferais du Val d’Akor une porte d’espérance, là elle répondra comme au jour de sa jeunesse, comme au jour où elle montait du pays d’Egypte, il adviendra en ce jour là, oracle du Seigneur, que tu m’appelleras mon mari, et que tu ne m’appellera plus mon Baal. Je conclurai avec eux une alliance en ce jour là. Je te fiancerai à moi pour toujours, je te fiancerai dans la justice et dans le droit, dans la tendresse et la miséricorde, je te fiancerai à moi dans la fidélité et tu connaîtras le Seigneur."

J’espère que vous avez tous une bible; il faut lire et relire sans cesse le chapitre deux d’Osée. Ce sont des chapitres magnifiques, le deux, le onze, le livre d’Osée on gagne à le ruminer. Après Osée vous avez le prophète Jérémie qui reprend le symbolisme conjugal en des images très fortes : "Je me rappelle l’affection de ta jeunesse, l’amour de tes fiançailles, alors que tu marchais derrière moi au désert et pourtant sous toute colline élevée et sur tout arbre vert tu t’es couchée comme une prostituée."

Mais l’amour divin sera le plus fort : "d’un amour éternel je t’ai aimée, aussi t’ai-je t’ai maintenu ma faveur, de nouveau je te bâtirai et tu seras rebâtie, vierge d’Israël, de nouveau tu te fera belle avec tes tambourins et Dieu conclura avec son peuple une alliance nouvelle. Je mettrais ma Loi au fond de leur être, je l’écrirais sur leur coeur alors je serais leur Dieu et ils seront mon peuple." Jérémie, ça c’est au chapitre second. Puis on retrouve au chapitre trente et un. Mais Ézéchiel aura de son côté des mots très durs pour dénoncer la prostitution du peuple et le châtiment qui l’attend :" Je vais rassembler tous les amants à qui tu as plu et je vais découvrir ta nudité devant eux, pour qu’ils voient toute ta nudité, ils t’arracheront tes vêtements et te prendront tes parures, ils te laisseront toute nue. Et j’assouvirai ma fureur contre toi. Mais le Seigneur est Dieu et non point homme. Et viendra le temps du pardon et de la miséricorde. Dieu se souviendra de son alliance, je me souviendrais de mon alliance avec toi au temps de ta jeunesse et j’établirai en ta faveur une alliance éternelle et tu sauras que je suis le Seigneur."

Et je vais vers la fin de ce petit tour biblique de ce premier testament avec le livre d’Isaïe qui laisse déborder les flots de la tendresse et de la miséricorde divine. Dans le livre d’Isaïe on trouve ceci : "Ne soit pas confondue, tu n’auras plus à rougir car tu vas oublier et la honte de ta jeunesse. Ton Créateur est ton Epoux, le Seigneur Yahvé Sabaot est son nom"." Ton créateur est ton époux. Oui comme une femme délaissée et accablée le Seigneur t’a appelée, comme la femme de sa jeunesse qui aurait été répudiée dit ton Dieu. Un court instant je t’avais délaissée. Emu d’une immense pitié je vais t’unir à moi", alors le prophète peut s’écrier :" et c’est la joie de l’époux au sujet de l’épouse que ton Dieu éprouvera à ton sujet." C’est dans le livre d’Isaïe au chapitre soixante-deux.

Petite parenthèse, lorsque vous lisez l’Évangile, dans vos bibles il y a toujours des références en marge ou en note, qui sont très intéressantes. Par exemple, lors du massacre des Saints Innocents. Vous avez la citation : "une voix dans Rama s’est faite entendre, pleurs et longues plaintes, c’est Rachel pleurant ses enfants, elle ne veut pas qu’on la console car ils ne sont plus." " Elle ne veut pas qu’on la console car ils ne sont plus", C’est en réalité, quand on s’arrête à cette citation, c’est Rachel qui ne veut pas être consolée. Cette citation, elle se trouve au coeur d’une partie du livre de Jérémie qui est intitulée livre de la Consolation d’Israël. En fait, Saint Mathieu a mis ce verset là pour nous rappeler à tous, que tout au long de trois chapitres, Jérémie annonce qu’un univers nouveau va être crée, que Dieu va faire l’alliance, qu’Il va faire ses noces avec l’humanité, tout le contraire du verset cité. On est vraiment invités à ruminer la Parole de Dieu en la creusant, en voyant qu’est-ce qu’elle veut nous dire. Est-ce qu’il y a des lumières dans le premier Testament, etc…

Je ferme ma parenthèse et j’en viens au dernier livre sur lequel je voudrais m’arrêter dans l’Ancien Testament. Les livres de Sagesse reprendront dans leur méditation ce symbolisme conjugal en l’appliquant à l’homme qui accueille la Sagesse divine pour s’unir à elle. Et je vous cite deux versets du chapitre quinzième du Siracide : " Ainsi fait celui qui craint le Seigneur, celui qui se saisit de la Loi reçoit la Sagesse, elle vient au devant de Lui comme une Mère, comme une épouse vierge, elle l’accueille." Et enfin comment ne pas voir dans le Cantique des Cantiques une allégorie de l’amour qui unit Dieu et son peuple. Comment ne pas y  voir également, la figure des noces qui devaient unir le Christ à l’Église et qui devait donner à l’humanité toute entière de célébrer les noces avec l’Époux divin accomplissant ainsi le projet voulu par le Père dès avant la Création du monde. En effet, "Dieu a tant aimé le monde qu’Il lui a donné son Fils unique" et "le Verbe s’est fait chair et Il a habité parmi nous". Il s’est uni à nous pour nous unir à Lui. D’ailleurs cette année on lit l’Évangile de Mathieu. Quel est le premier des noms donnés à Jésus juste dès avant sa naissance ? En reprenant la prophétie d’Isaïe : Dieu avec nous. Si je referme l’Evangile de Mathieu, quels sont les derniers mots de l’évangéliste : "je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde". Donc en fait dans toute la bible il y a une promesse : "je suis avec vous, je serais avec vous".

Il y a même la très belle vision de Jacob qui s’endort et il a un songe, il voit une échelle qui va vers le Ciel qui touche le Ciel et qui voit les anges de Dieu qui montent et descendent. A ce moment là Dieu lui dira :" je suis avec toi et je serais avec toi partout où tu iras".  Et donc "Dieu a tant aimé le monde qu’Il nous a donné son Fils" et l’Époux a quitté la demeure paternelle pour aller s’unir à son Épouse. Il est parti d’abord à sa recherche et le psaume quarante cinquième, nous donne de contempler le Roi divin qui arrive pour ses noces : "Tu es beau, le plus beau des enfants des hommes. La grâce est répandue sur tes lèvres ainsi tu es béni de Dieu à jamais". Et l’Épouse, le psaume nous la présente rayonnante de beauté, "vêtue de brocarts, la fille de Roi est amenée au-dedans vers le roi, des vierges à sa suite."

En fait les noces entre Dieu et l’humanité commencent mystérieusement au bord du Jourdain car quel est le surnom donné à Jean le Baptiste ? L’ami de l’Époux. Dans les rites nuptiaux de l’époque, il avait pour mission d’aller chercher l’Épouse chez elle et de l’amener, avec une procession, jusqu’à la chambre nuptiale où l’attendait son Époux. Et là, c’est vraiment l’ami de l’Époux qu’ est Jean Baptise qui va prendre la main de l’Épouse et qui va la remettre dans la main de l’Époux lorsqu’il va dire : "voici l’agneau de Dieu qui porte le péché du monde". Et l’Évangéliste saint Jean dira : "immédiatement deux de ses disciples suivirent Jésus ». Et vous avez à ce moment un tournant dans l’histoire biblique car dans tout l’Ancien Testament, les prophètes, les hommes de Dieu ne cessaient de dirent : "Seigneur, fais nous voir ta face et nous serons sauvés". Or voilà que tout d’un coup, deux de ses disciples suivent Jésus et on nous dit dans Saint Jean : " Jésus se retournant". Symboliquement c’est extraordinaire, voilà que tout d’un coup l’Épouse peut voir son époux face à face. C’est la première grande rencontre entre l’Épouse et l’Époux. Et en même temps il y aura un  dialogue extraordinaire : "Maître où demeures-tu ?" Et la réponse de Jésus sera : "Venez et voyez". Ils vinrent et ils demeurèrent auprès de Lui ce jour-là. C’était environ quatre heure de l’après-midi". C’est donc là que commencent à se célébrer les noces entre Dieu et l’humanité.

C’est vraiment le départ et en même temps, c’est seulement sur la Croix que vont se consommer les noces entre Dieu et l’humanité. Mais il faut aller pas à pas, Jésus commence son ministère en proclamant la Bonne Nouvelle et Il conduit pas à pas, les hommes à la découverte du mystère. Sans bruit, l’Époux s’approche, à son contact, au son de sa voix, le coeur de l’Épouse frémit, les yeux de son âme s’ouvrent et sans savoir ni comment ni pourquoi, elle peut s’avancer à la rencontre de l’Époux. Nos pères dans la foi voyaient tout à fait cette rencontre, ces préparatifs entre l’Époux et son Épouse pour qu’elle puisse pénétrer dans le mystère. Et en même temps c’est par la foi que l’Épouse va pouvoir s’unir à son Époux, mais non seulement l’Époux divin vient à la rencontre de son Époux mais, et c’est là où nos pères dans la foi vont aller très loin car ils vont dire que l’Epoux divin dit à son père avant de quitter la maison paternelle :"même si je devais monter sur la Croix pour m’emparer de mon Épouse, je suis prêt à  donner ma vie pour elle."

Et de fait, c’est sur la Croix que vont se célébrer les noces entre Dieu et l’humanité. Et lorsque tous nos pères dans la foi décrivent les catéchumènes, ils les décrivent dans les termes les plus horribles qui soient. Il n’y a rien de pire qu’un catéchumène : c’est une maison en ruine, ça sent mauvais, c’est tout délabré, il n’y a plus de portes, il n’y a plus de fenêtres,… Et en même temps, le rôle de la préparation au Baptême, ce sera de préparer une demeure pour le Roi du Ciel. Et là les catéchistes vont se transformer en restaurateurs, en société de restauration, il va falloir faire venir les gens qui vont pouvoir enlever toutes les mauvaises odeurs. C’est très imagé tout ça.

Et vous avez les exorcistes qui vont mettre en fuite tous les démons. Et moi j’aurai fait un très bon exorciste, car la seule chose qu’on demandait aux exorcistes, c’est qu’ils aient une grosse voix, de façon à faire tellement peur aux démons, qu’ils ne peuvent plus se cacher nulle part, ils sont obligés de déguerpir. Et après chaque enseignement les catéchumènes étaient conduits devant les exorcistes qui leur faisaient des prières à grand bruit de façon à mettre en fuite tous les démons.

Mais en réalité, les noces entre Dieu et l’humanité se célèbreront sur la Croix. Regardons le récit de la Création d’Ève dans l’Ancien Testament. Dieu va d’abord se faire anesthésiste puis Il va se transformer en chirurgien pour retirer une côte d’Adam, et avec cette côte Il va faire une femme. Ce récit n’a d’autre raison d’être que de préparer le récit de la naissance de l’Église. Et en fait, il est écrit pour cela, il veut nous dire de manière imagée le lien qui unit Adam et Ève. Pratiquement tous les pères de l’Église disent que, de la même manière qu’Ève est née du côté d’Adam endormi, la nouvelle Ève, l’Église est née du côté du nouvel Adam endormi sur la Croix. Et là ça devient lumineux. Pourquoi ? Parce qu’au moment où Jésus meurt sur la Croix, le soldat romain va arriver, mais d’abord, avant il faut dire, que dans Saint Jean au moment où Jésus meurt l’évangéliste nous dit en grec : "Il donna l’Esprit" ou "Il remit l’Esprit" avec un jeu de mots : "Il remit l’Esprit" : Il meurt mais aussi Il donne l’Esprit. Et vous avez l’Esprit Saint qui est donné et le soldat romain s’approche, il perce le mur temple saint; c’est l’expression de Jean Chrysostome.

Il perce le mur du temple saint parce que quand Jésus avait dit aux docteurs de la loi et aux grands prêtres: « détruisez ce temple et en trois jours je le relèverais » : Il parlait du Temple de son corps. Et en même temps ça fait référence à une prophétie : « La petite source qui coule de dessous le côté droit du temple ». Une petite source qui devient un torrent et puis un fleuve infranchissable et surtout de l’eau qui va donner la vie partout où elle passe, et non seulement elle va donner la vie mais il y aura une récolte tous les mois au bord de ce fleuve. Ensuite il n’y a plus besoin ni de médecin ni d’infirmière car les feuilles des arbres sont un remède pour toutes les maladies. Et tout vient du coeur de Jésus transpercé qui laisse jaillir de l’eau et du sang.

L’eau symbole du Baptême, le sang symbole de l’Eucharistie. Le Baptême et l’Eucharistie : les sacrements qui font l’Église. L’Église jaillit du coeur de Jésus transpercé. L’Esprit, le Baptême, et l’Eucharistie; c’est l’Église qui est là. Et Jean Chrysostome va jusqu’à ajouter ensuite que les symboles éclatent car non seulement le Seigneur engendre son Épouse mais immédiatement Il s’unit à elle en lui donnant son Corps, sa chair en nourriture. Ce mystère des noces du Christ et de l’Église qui commence au bord du Jourdain, qui s’épanouît sur la Croix, va continuer de générations en générations et s’adresse à toutes les générations des hommes de tous les temps. Certes l’Épouse du Christ c’est l’Église, mais chacun de nous par le Baptême nous participons à ce mystère nuptial. Et nous y participons par les trois sacrements de l’initiation chrétienne : le Baptême, la Confirmation, et l’Eucharistie.

Dans le Baptême, qu’est-ce qu’il y a ? Dans le Baptême il y a une naissance. Jésus a dit à Nicodème : « il te faut naître de nouveau ». Et pour rendre compte de cette naissance, qu’est-ce qui se passe au moment où le prêtre a versé de l’eau sur vous en disant : je te baptise au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit ?

Saint Pierre nous dira : « soyez prêt à rendre compte de la foi qui est la vôtre ». On est devenu enfant de Dieu, ça veut dire qu’avant je ne pouvais pas poser des actes d’une vie divine, après je peux poser des actes divins. Je vais vraiment naître à une vie nouvelle et je vais naître de la manière suivante. Pour être homme il faut avoir un corps, une affectivité, une sensibilité, et puis il y a trois grandes facultés qui font l’homme. Il y a l’intelligence, la volonté et la mémoire. On peut dire qu’au moment même où le prêtre nous a plongé dans l’eau, ce geste de plonger dans l’eau avait une double signification. Il signifiait que le Baptême était en même temps un tombeau et un berceau. Le tombeau du vieil homme et le berceau d’un homme nouveau donc une vie nouvelle. Au moment du Baptême, Dieu va greffer en vous Sa propre vie divine. Quand un mauvais pied de vigne donne du mauvais raisin et on va mettre un greffon. Le même pied de vigne greffé va se mettre à donner un fruit complètement différent. Au moment du Baptême, Dieu a greffé dans notre intelligence une petite greffe de vie divine qu’on appelle la foi pour que nous puissions commencer à connaître Dieu. Et pour la foi: c’est un cadeau de Dieu qui vient surélever notre intelligence pour nous permettre de Le connaître vraiment. C’est à dire que sans la foi, nous voyons mal ou rien et avec la foi quand nous nous regardons, nous voyons la Trinité Sainte. 

Avec greffe de vie divine; nous pouvons poser un acte que nous ne pourions pas poser autrement. De la même manière, au moment du Baptême, Dieu greffe dans nos capacités, une petite greffe de vie divine qu’on appelle l’amour de Charité, qui va surélever nos capacités d’aimer et pour nous permettre d’aimer divinement Dieu et nos frères. Et ainsi nous, un enfant d’homme, nous pouvons poser un acte divin, nous pouvons aimer divinement. Nous ne sommes plus les mêmes. Et dans notre mémoire, Dieu va greffer un petit greffon de vie divine qu’on appelle l’espérance. Et la définition de l’espérance, c’est un cadeau de Dieu qui vient surélever notre mémoire pour nous permettre, malgré toutes les difficultés de la vie, de marcher à la rencontre du Seigneur sur le chemin du bonheur. Et grâce à ces greffes, nous,  des enfants d’homme nous sommes devenus enfants de Dieu.

Jusqu’au plus profond de mon âme, Dieu a greffé en nous, Sa propre vie divine. Et ainsi, nous un enfant d’homme, nous sommes devenus des enfants de Dieu, nous pouvons aimer divinement. Et je prends deux exemples : un jour, avec vingt-cinq jeunes adolescents nous étions à Ceillac pour une retraite de Confirmation et à onze heures et demi nous sommes aller prier. On s’est tous assis dans une grande salle avec une moquette. Il y avait une icône et une moquette. Et je leur ai dit : « allez maintenant on va fermer les yeux et on prie ». Et puis tout d’un coup il y a une fille qui se met à éclater de rire et moi je me dis intérieurement : « c’est une adolescente qui n’est pas capable de rester en silence ». Et à ce moment là elle crie : « mais est ce que vous avez vu l’heure ? » Ça faisait une heure qu’on était en prière. Arriver à faire tenir, vingt cinq adolescents en silence pendant une heure, il n’y a que l’Esprit Saint qui peut y arriver. Il avait envie de travailler dans les coeurs alors Il avait mis sa chape à Lui sur les coeurs pour les faire tenir et aller travailler en eux tous profondément.

Et l’autre histoire, si il y a quelqu’un que vous n’aimez pas, demandez à l’amour divin, à la greffe de vie divine de Charité, qu’elle vous donne son propre amour divin pour que vous aimiez. Et l’histoire des greffes est très juste. Car la greffe elle vient d’ailleurs, elle vient d’un autre pied mais après c’est nous qui la mettons en valeur, c’est le pied de vigne qui la fait grandir. Donc c’est nous  qui allons mener une vie divine. Et il y a vraiment un changement de vie radical dont nous pouvons rendre compte d’une manière finalement très simple. Ça il faut que nous soyons capable de l’annoncer aux gens avec qui nous pouvons avoir un dialogue de foi. Vraiment on vit une vie divine, on est plus simplement des hommes. Et ça, ça rend compte de ce que Jésus a dit : "il te faut naître de nouveau !" C’est une véritable naissance.

Quant à la Confirmation, c’est la mise en place en nous de ce qui permet à l’Esprit Saint d’agir quand Il veut et comme Il veut. En fait c’est le complément du Baptême. Baptême et Confirmation sont inséparable, ce sont les deux parties d’une même réalité. Mais la Confirmation c’est vraiment l’acte par lequel, au moment où l’Évêque met du Saint Chrême en imposant la main sur la tête de quelqu’un en disant : "sois marqué de l’Esprit Saint le don de Dieu", à ce moment là, Dieu met en place dans le confirmant, ce qui lui permettra à l’Esprit Saint d’agir en Lui quand IL le voudra, comme Il le voudra. Et je dis souvent avec une image un peu moderne que c’est la mise en place par Dieu en nous d’une énorme parabole. Non pas pour capter TPS ou Canal Satellite mais pour capter Canal Esprit Saint. Avec cette réalité très profonde, d’abord c’est totalement gratuit. Il n’y a pas d’abonnement à payer. En plus c’est à vie, ça ne se dégradera jamais, et il y a un bouquet de chaînes à l’infini. Que demander de plus ? Ça veut dire que si vous êtes bien branchés et bien orientés, car une parabole il faut quand même qu’elle soit bien orientée, et à ce moment là, l’Esprit Saint, quand Il voudra et comme Il voudra, car Il est maître, Il agira en nous.

Car qu’est-ce qu’on appelle un saint ? C’est quelqu’un qui se laisse conduire et habiter par l’Esprit Saint. C’est aussi simple que ça. Quand Saint Paul écrit aux saints qui sont à Corinthe. Ils n’étaient pas très recommandables les gens qui étaient à Corinthe, allez à Marseille sur le Port; il n’y a pas que des enfants de coeur. Et bien, en réalité, vous vous êtes des saints parce que vous êtes habités et j’espère que vous vous laissez conduire par l’Esprit Saint et à ce moment là c’est Lui qui va faire des merveilles en nous.

Voilà, pour le Baptême et la Confirmation. Et puis l’Eucharistie ? Et bien l’Eucharistie, Jean Chrysostome dans ses homélies de préparation au Baptême, dans sa dernière homélie, il dit : demain vous allez entrer dans la chambre nuptiale, vous allez recevoir et accueillir le Fils de Dieu Lui-même. Vous allez pouvoir célébrer vos noces avec l’Époux divin. Alors comment est-ce qu’on peut dire que l’Eucharistie est vraiment le sommet de ce mystère nuptial entre le Fils de Dieu et nous ? Et bien il faut le démonter en plusieurs étages.

Comment est célébrée l’Alliance au Sinaï ? D’abord Moïse a rapporté au peuple toutes les paroles que Dieu lui avait dites ; pas les commandements, les paroles. Car Dieu veut entrer en relation avec son peuple et Il va lui transmettre les paroles. Ça c’est la liturgie de la Parole. Puis après le peuple va dire : ce que Dieu vient de dire, nous le mettrons en pratique. Et ensuite, Moïse va faire tuer quelques veaux, il va faire récolter le sang dans des bassins, il va faire dresser un autel parce qu’il est déjà vieux. Et à ce moment là, il va répandre le sang; la moitié sur l’autel, la moitié sur le peuple. Ça c’est le signe de l’Alliance.

  Le sang c’est un signe de communion. C’est à dire que c’est le même sang qui circule en Dieu et dans les hommes, et c’est bouleversant ça. Et je sais que les tchadiens au séminaire en Afrique, ils sont beaucoup plus sensibles à la question du sang. Il y a des séminaristes qui me disaient : « c’est pas possible, le sang de Dieu et mon sang c’est la même réalité ». La profondeur de la communion qui existe par l’Alliance est bouleversante ; on ne fait plus q’un.

Alors en réalité, si je regarde l’Eucharistie que nous vivons, la liturgie de la Parole, et bien il faudrait en redécouvrir la profondeur. J’entends encore mon père à la maison dire que si à la messe on arrive avant le début du Credo on a la messe, si on arrive dès que le Prêtre à dit : "Credo in unum dei", on ne l’a pas. Mais il serait retourné à la messe parce qu’il était chrétien pratiquant. Et qu’est-ce qu’il s’y passe dans la liturgie de la Parole ? Il s’y passe d’abord ceci : le verset de Saint Jean que j’ai lu, tout à fait au début : "le Verbe s’est fait chair et Il a habité parmi nous". Dans Saint Luc : « L’Esprit Saint viendra sur toi, tu concevras et tu enfanteras un fils qui sera le Verbe de Dieu », la Parole divine. L’Esprit Saint s’est incarné en Marie. Entre parenthèses, lorsque Elisabeth entend la salutation de sa cousine Marie, le petit Jean Baptiste qui est un foetus de six mois danse en tournoyant. En fait, Saint Luc reprend le seul endroit dans l’Ancien Testament où quelqu’un danse en tournoyant : c’est David devant l’Arche. C’est à dire que le petit Jean Baptiste il a compris qu’il avait devant lui, la nouvelle arche d’alliance. Marie nouvelle arche d’alliance qui contient la présence divine. Ça pour moi c’est le plus beau texte de la défense de l’embryon comme personne humaine commencée.

En réalité, le Verbe s’est fait chair en Marie et Il est venu habiter au milieu de nous; et c’est en chacun de nous qu’Il veut s’incarner. C’est le désir de Dieu de s’incarner en nous, là où ne l’avons pas encore laissé s’incarner et, la parole de Dieu, si nous l’accueillons elle va descendre en nous et nous allons porter du fruit en surabondance. La liturgie de la Parole, est la première célébration des noces entre Dieu et nous. C’est vraiment l’accueil du Verbe au plus profond de nous-même. Le prophète Isaïe nous dit : "Ma Parole ne me reviendra pas sans avoir accompli son oeuvre". Et son oeuvre c’est de nous unir à la Parole, à Celui qui est la Parole. La Parole est identifiée au Christ Lui-même; Il est la Parole. Et à partir de là, dans le psaume, normalement nous devons ruminer à ce moment là, "tout ce que tu viens de me dire Seigneur, je le mettrais en pratique".

Avant le début de la liturgie de la Parole, il faudrait laisser une minute pour nous mettre en état d’accueillir la Parole. A Toulouse, lorsque j’étais au couvent, étudiant en Théologie, un dimanche matin, au moment où on s’est assis pour la liturgie de la Parole, il y avait un brouhaha dans l’Église des dominicains; il y avait environ mille personnes dans l’église Saint Thomas.  Et à ce moment là le lecteur arrive et il commence à dire : lecture de… Et à ce moment là Albert de Moléon qui présidait s’est dressé d’un seul coup et a dit : "Stop, on arrête. On est pas en était d’accueillir la Parole de Dieu, alors on va se mettre en état d’accueillir" et ce jour là pendant deux ou trois minutes il y a eu un silence extraordinaire et j’ai jamais vécu une liturgie de la Parole comme ça. Nous avions pris le temps de demander à l’Esprit Saint d’accueillir la Parole et de la laisser descendre dans nos tripes, dans notre être le plus profond, de façon à ce qu’elle puisse porter son fruit en nous.

Et ensuite, la Parole va prendre chair en nous. Et c’est tout le sens de la Lectio Divina. Il faudrait prendre entre cinq minutes et quinze minutes par jour assis au pied de Jésus en écoutant Sa Parole pour qu’elle s’incarne en nous. Être chrétien, ça veut dire devenir Christ. Ce mystère nuptial, c’est d’arriver à ne faire plus qu’un avec Lui. La liturgie de la Parole a une puissance unissante formidable. Et là je crois vraiment que d’une manière générale, du côté catholique et malheureusement aussi du côté protestant maintenant, on a perdu la puissance de la Parole de Dieu.

Le premier temps unissant, de célébration de noces dans l’Eucharistie, c’est la dans la liturgie de la Parole. Dans les Églises orientales, le chantre prévenait de l’arrivée du Christ, et le diacre arrivait portant l’évangéliaire et uniquement les Évangiles car c’est le Christ Lui-même. Le chantre chantait pour faire prendre conscience au peuple de Dieu que c’est l’Époux qui arrive pour célébrer ses noces avec son Épouse. Normalement il faudrait aussi essayer dans toutes les communautés, d’avoir un vrai évangéliaire. Et un évangéliaire qui soit beau, parce que c’est ce qui permet d’avoir le sens, on a besoin de signes, de symboles. Et l’évangéliaire on ne le met jamais n’importe où, il est là, c’est la présence du Christ Parole.

En ce qui concerne la liturgie eucharistique. Je suis sur que vous auriez tous rêver de pouvoir passer une soirée avec Jésus. A Capharnaüm, une soirée au bord du lac où il fait frais avec des merguez, du poisson au bord du lac… J’y étais il y a deux jours. On a eu de la chance, j’ai réussi à me faire rouvrir un sanctuaire une fois qu’il n’y a plus de touristes, donc on a pu passer tout une soirée au bord de l’eau, tout seul, à prier. Et bien, c’est là. On rêve de ça. Mais entre parenthèses, par l’Eucharistie on est unis à Jésus autrement plus profondément que ne l’étaient ses apôtres qui ont passé une soirée ou trois ans avec Lui. Et, Jésus a voulu nous laisser sa présence. Et Il nous l’a laissée de multitude de manières,  mais le sommet de cette présence divine c’est dans l’Eucharistie.

Et dans l’Eucharistie, non seulement Il est là mais Il se donne à nous en nourriture pour faire l’effet inverse de la nourriture, c’est à dire que quand nous mangeons une nourriture, nous l’assimilons à notre corps; quand le Christ se donne à nous, c’est Lui qui nous assimile à Lui. Et Saint Augustin disait : "Chrétiens, deviens ce que tu es ; au moment de communier, chrétien, deviens ce que tu es." On célèbre vraiment une union au Christ au plus profond de notre être au moment de chaque Eucharistie et ça c’est vraiment quelque chose de bouleversant.

Je crois vraiment qu’il faut qu’on retrouve la grandeur de l’Eucharistie dans son côté d’intimité avec le Christ. Nous pouvons faire le tour des présences dans l’Eucharistie. D’abord la présence indispensable avant même de commencer l’Eucharistie, c’est la présence dans celui qui va présider l’Eucharistie, car il n’y a pas d’Eucharistie sans ministre ordonné et la source est le collège apostolique avec chaque successeur d’apôtre ayant son presbyterium autour de lui: l’évêque et ses prêtres. Il n’y a pas d’Eucharistie sans la présence d’un ministre ordonné. Ensuite, l’élément suivant, c’est la présence réelle. A la fin de la prière eucharistique je peux dire : Jésus est vraiment là. Et le Curé d’Ars faisait même des sermons avec trois mots : Il est là.

En même temps, c’est vraiment une invitation à réaliser ce que ça veut dire : Il est là. C’est quand même inimaginable; le Créateur de l’univers. Là je pense à un dialogue que j’ai eu quand j’étais berger au Burkina. On discutait avec un vieux berger musulman. Un jour je lui avais parlé de l’Eucharistie, il m’avait dit : "tu te rends compte de ce que tu viens de me dire : si c’est vraiment lui le Créateur de l’univers, qui vient se donner à toi, mais c’est en rampant que tu devrais t’approcher de Lui." C’est à dire qu’il avait conscience du côté transcendant que ça représentait, quelque chose d’inouïe ! Et voilà qu’il se donne à nous, le Créateur de l’univers pour nous unir à Lui, pour vivre une union totale, ne faire plus qu’un, une seule chair avec Lui. Et là on vit au plus profond du mystère nuptial eucharistique. La Parole et le corps, ce sont les deux lieux d’union avec le Christ ; et dans une union qui dépasse toutes celles qu’on aurait pu imaginer.

Mais il y en a encore une à voir qui n’est pas la plus facile à vivre, c’est que quand je communie, le prêtre dit : "le Corps du Christ" et vous répondez " Amen". Le Corps du Christ, c’est celui que vous recevez mais c’est celui que nous formons tous. Ça veut dire que je m’engage à communier aussi avec tous mes frères et soeurs en Christ. Ce qui est souvent malheureusement le contraire de ce qui se vit dans les paroisses, depuis des dizaines d’années. C’est à dire que normalement on doit communier les uns aux autres, et souvent on reste étrangers les uns aux autres.

L’union nuptiale avec le Christ, et non seulement l’union du Christ avec moi, mais l’union du Christ avec l’Église, c’est dans l’Église qu’elle se vit. C’est même un des deux mots inventés par les premiers chrétiens pour dire qui ils étaient, une koinonia, une communion. Ce n’est pas une communauté, c’est une koinonia, parce que la communion ça reste ouvert à tous. Cette après-midi, si je vais sur la rue de la République et que je vois toute cette masse humaine, qui est dans le monde du commerce et bien je me dirais : il manque au Corps du Christ. Ce sont des membres qui ne sont pas encore rattachés en communion avec le Corps du Christ et donc c’est une invitation à la mission aussi.

Et finalement, je pense qu’à la fin de l’Eucharistie, je vis vraiment uni au Christ, et la plus belle phrase que je peux dire moi, à la fin de la communion, c’est une phrase de Paul : "ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi. Ma vie présente dans la chair je la vis dans la foi au fils de Dieu qui m’a aimé et qui s’est livré pour moi". On sent qu’il y a un tête à tête de Paul avec le Christ qui est très profond. Et en même temps, rappelez vous la vision dans laquelle Jésus s’est révélé à Paul, Il va dire : "Je suis Jésus, Celui que tu persécutes". Et du coup, Paul dès le départ va vivre la communion au Corps du Christ avec ses frères, car c’est là qu’il a découvert Jésus. Jésus lui a dit : "Je suis Celui que tu persécutes".

Je trouve qu’il faudrait qu’on creuse chacun de nous cette communion au Corps du Christ comme célébration de nos noces de jours en jours, de dimanches en dimanches, jusqu’au moment où nous serons devenus tellement Christ que le Seigneur nous prendra avec Lui. Je crois vraiment que la durée de nos vies, elle est liée à deux choses. Elle est liée à notre sanctification personnelle et elle est liée à la mission que nous avons dans le Corps du Christ. Et ce sont les deux paramètres du Seigneur. Cette semaine, j’étais dans une communauté avec des prêtres et des séminaristes, il y avait un séminariste qui est mort, il y a, un mois et demi : Guillaume Mirabel. En fait, nous nous sommes est aperçus que dans des lettres, visiblement le Bon Dieu l’avait préparé à partir vite là haut. Il a dit des choses avant sa mort, qu’habituellement un jeune de vingt ans, n’écrit pas.

Donc le Bon Dieu nous prépare à une union totale avec lui, et, à remplir notre mission dans le Corps du Christ. Saint Paul pourra dire : j’ai envie d’être avec le Christ mais mourir m’est un gain mais si je dois rendre service au Corps du Christ en restant alors je suis prêt à rester jusqu’à la fin du monde.

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